Pour endiguer l’immigration irrégulière, la Suède associe l'aide au développement et la politique migratoire
La politique d’aide au développement devrait être plus clairement liée à la politique migratoire afin d'inciter les personnes qui souhaitent venir en Suède à rester dans leur pays, selon les déclarations du gouvernement suédois et de son partenaire d’extrême droite, les Démocrates de Suède.
La politique d’aide au développement devrait être plus clairement liée à la politique migratoire afin d’inciter les personnes qui souhaitent venir en Suède à rester dans leur pays, selon les déclarations du gouvernement suédois et de son partenaire d’extrême droite, les Démocrates de Suède (Conservateurs et Réformistes européens), jeudi 24 octobre.
La Suède devrait déterminer sa propre politique d’aide et de migration, ont déclaré le ministre de la Coopération au développement et du Commerce extérieur, Benjamin Dousa (Parti modéré, Parti populaire européen), et le porte-parole des Démocrates de Suède pour les questions de migration, Ludvig Aspling, lors d’une conférence de presse jeudi.
« Grâce à l’aide au développement, nous augmenterons l’assistance dans le voisinage [de l’Union européenne], ce qui, à long terme, devrait réduire l’immigration irrégulière vers la Suède et l’UE », a estimé Benjamin Dousa.
Le gouvernement et les Démocrates de Suède ont décidé d’élaborer une nouvelle stratégie pour la politique d’aide, avec un budget total de 3 milliards de couronnes suédoises (255 millions d’euros) pour la période 2024-2028.
Ludvig Aspling a souligné que la nouvelle stratégie servira les intérêts suédois et contrera les effets négatifs de la migration irrégulière et des déplacements forcés, car la migration irrégulière ouvre, selon lui, la porte au trafic d’êtres humains et à la traite des êtres humains.
« Lorsque des personnes qui n’ont pas le droit légal de rester dans un pays ne le quittent pas, la confiance dans les systèmes de gestion de l’immigration et de l’asile est ébranlée et les sociétés fantômes risquent de se propager », s’est-il exprimé.
La nouvelle stratégie présentée par le gouvernement suédois sera mise en œuvre par l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida), une agence gouvernementale relevant du ministère suédois des Affaires étrangères et chargée d’organiser l’essentiel de l’aide publique au développement de la Suède en faveur des pays en développement.
Les 255 millions d’euros serviront également à améliorer la gestion des frontières afin de garantir que les demandeurs d’asile qui n’ont pas droit à une protection soient renvoyés dans leur pays d’origine.
Il est également possible de conditionner une partie de l’aide afin de faire pression sur les pays pour qu’ils reprennent leurs citoyens qui doivent être expulsés de Suède, ou de financer des programmes de réintégration, des centres de retour et de renforcer la capacité de gestion des migrations et de l’asile dans les pays tiers.