Pour la CDU, une victoire du "non" en France devrait entraîner un gel du processus d'élargissement [
La victoire annoncée des conservateurs lors des élections législatives anticipées en Allemagne pourrait avoir un impact considérable sur le futur processus d'élargissement de l'UE.
La victoire annoncée des conservateurs lors des élections législatives anticipées en Allemagne pourrait avoir un impact considérable sur le futur processus d’élargissement de l’UE.
Selon le scénario le plus probable, les élections anticipées sollicitées par Gerhard Schröder devraient avoir lieu le 18 septembre prochain. En cas de victoire de la CDU, la dirigeante de la formation chrétienne-démocrate Angela Merkel accèderait selon toute vraisemblance aux fonctions de chancelier, tandis que le premier ministre du Land de Bavière, Edmund Stoiber, se verrait probablement confier un poste de « super-ministre » de l’économie et des finances. Merkel et Stoiber sont tous deux fermement opposés à une adhésion d’Ankara à l’Union, le chef de file de la CSU (composante bavaroise de la CDU) ayant récemment affirmé qu’il ferait « tout ce qui est légalement en [son] pouvoir » pour maintenir la Turquie hors de l’UE.
A une époque où personne n’envisageait encore une arrivée au pouvoir de la CDU avant 2006, les chrétiens-démocrates s’étaient certes engagés à « honorer la promesse » faite à la Turquie une fois ouvertes les négociations d’adhésion avec Ankara. Le boulersement du calendrier électoral allemand change la donne : si les élections anticipées ont bien lieu le 18 septembre, elles interviendront avant la date fixée pour l’ouverture des négociations officielles avec Ankara (3 octobre) – laissant ainsi le temps à un éventuel gouvernement Merkel de revenir sur la position jusqu’alors défendue par l’Allemagne sous l’ère Schröder.
De principal soutien à la candidature turque, Berlin pourrait ainsi se transformer en partisan d’une remise à plat des négociations avec Ankara, et se rallier à la formule du « partenariat privilégié ». Un gouvernement à dominante CDU ne se montrerait d’ailleurs guère plus favorable aux candidatures de la Roumanie et de la Bulgarie : « Notre position est claire : l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie doit être reportée en cas de victoire du non en France », déclarait ainsi récemment un porte-parole de la formation chrétienne-démocrate.