Pour Merkel, le plan fédéral de Van Rompuy est déséquilibré
A la veille de sa rencontre avec ses homologues européens à Bruxelles, la chancelière allemande s’est prononcée contre une grande partie des mesures contenues dans le rapport préparé par le président du conseil européen.
A la veille de sa rencontre avec ses homologues européens à Bruxelles, la chancelière allemande s’est prononcée contre une grande partie des mesures contenues dans le rapport préparé par le président du conseil européen.
A peine un jour après la révélation du plan, le débat bat son plein. Dans un discours de politique générale devant le Bundestag, mercredi 27 juin, la chancelière allemande s’est dite favorable à l’objectif du plan qui consiste à renforcer la zone économique et monétaire.
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En revanche, elle a réaffirmé sa ferme opposition à toute forme de mutualisation de la dette. Harmoniser les taux d’intérêt des États signifierait « répéter les faute du passé », a-t-elle déclaré en référence à la convergence des primes de risque à la suite de la création de l’euro.
Pour Mme Merkel, le plan de M. Van Rompuy, qui sera débattu lors du Conseil européen des 28 et 29 juin, est déséquilibré. Il contient surtout des mesures visant à mutualiser la dette, mais les règles imposées aux États ne sont pas suffisamment ambitieuses, estime la chancelière.
« La responsabilité et le contrôle doivent toujours aller de pair », a affirmé la chancelière devant les parlementaires. L’Union européenne doit pouvoir s’ingérer dans les politiques budgétaires nationales, a-t-elle expliqué.
Supervision bancaire
Elle s’est également prononcée pour une supervision centralisée des plus grandes banques européennes. Elle a appelé les dirigeants européens à avancer rapidement sur un texte sur le redressement et la résolution des banques que la Commission a proposé en mai 2012. A la différence de celui soumis par M. Van Rompuy, ce plan, moins ambitieux, n’envisage pas de créer un fonds de résolution commun au niveau européen.
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« Les réformes structurelles seront en haut de l’agenda européen », a par ailleurs annoncé la chef du gouvernement allemand, selon laquelle la « faible compétitivité de certains pays, des failles dans la construction de la zone économique et monétaire et la dette excessive » sont les principales raisons de la crise actuelle.
La chancelière s’attend à des « discussions controversées » avec ses partenaires européens. « Tout le monde regardera l’Allemagne. Mais notre puissance a des limites », a-t-elle mis en garde.
Opposition critique
L’opposition de gauche a reproché à la chancelière d’avoir misé trop longtemps exclusivement sur l’austérité. Le chef du groupe parlementaire des sociaux-démocrates Frank Walter Steinmeier s’est félicité de l’accord trouvé avec le gouvernement sur un pacte de croissance.
« Si le Conseil européen suit le résultat négocié (entre l’opposition allemande et le gouvernement, ndlr), je conseillerai l’adoption (du pacte budgétaire, ndlr) à mon groupe parlementaire », a-t-il déclaré.
Les deux chambres du parlement allemand se prononceront sur ce texte et le mécanisme européen de stabilité, vendredi 29 juin. Tous les partis sauf l’extrême-gauche l’approuveront.
L’opposition a par ailleurs reproché à la chancelière d’avoir commencé à torpiller le plan de M. Van Rompuy. La moitié du texte risque tomber à l’eau en raison de la résistance de la chancelière, estime Frank-Walter Steinmeier.