Pour Michel Barnier, le couple franco-allemand est appelé à devenir un ménage à trois avec l'Italie

Lors d'un sommet qui réunit à Paris les grands patrons français, allemands et italiens, le Premier ministre Michel Barnier a vendredi 22 novembre appelé le couple franco-allemand à s'ouvrir à l'Italie, meilleur moyen selon lui de peser à Bruxelles.

EURACTIV.com
NATO Secretary-General Mark Rutte visits Rome
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni. [ETTORE FERRARI/EPA-EFE]

Lors d’un sommet qui réunit à Paris les grands patrons français, allemands et italiens, le Premier ministre Michel Barnier a, vendredi 22 novembre, appelé le couple franco-allemand à s’ouvrir à l’Italie, meilleur moyen selon lui de peser à Bruxelles.

« Je n’ai pas beaucoup d’expérience en matière de ménages à trois », a plaisanté Michel Barnier, devant des chefs d’entreprise français, allemands et italiens réunis à Paris.

Le Premier ministre semble pourtant prêt à s’investir dans une thérapie de couple : pour ce dernier, le tandem franco-allemand doit cesser d’être exclusif et s’ouvrir à de nouveaux partenaires.

La relation franco-allemande est « de plus en plus nécessaire, mais de moins en moins suffisante », a constaté Michel Barnier, alors que l’Union européenne (UE) cherche à prendre la mesure des tensions géopolitiques actuelles et des crispations commerciales qui surgissent avec ses partenaires traditionnels.

Il est vrai que les relations entre la France et l’Allemagne ne sont pas au beau fixe, le président Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz n’ayant pas réussi à s’entendre sur un certain nombre de dossiers, comme la défense et le nucléaire. Les deux dirigeants sont par ailleurs affaiblis dans leur pays.

En conséquence, Michel Barnier estime que la traditionnelle alliance franco-allemande devrait s’élargir pour davantage peser à Bruxelles. Et l’Italie semble, selon lui, le partenaire idéal.

Au pouvoir depuis deux ans et à la tête d’une coalition d’extrême droite à Rome, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a renforcé son influence au sein des institutions européennes, avec le soutien tacite de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

« L’Italie est un pays clé […]. Nos trois économies sont les plus fortes de l’UE, il est donc logique de travailler ensemble », a continué Michel Barnier.

Un appel soutenu par le ministre de l’Économie Antoine Armand, qui a insisté sur le fait que Paris, Berlin et Rome étaient les mieux placés pour intégralement mettre en œuvre le rapport Draghi – un ensemble de recommandations visant à combler le fossé en matière d’innovation et de productivité entre l’UE et les États-Unis.

Selon le Premier ministre français, tenir à l’écart Rome – tout comme Madrid – pendant si longtemps a été une erreur. D’autant que le lien qui unit Paris et Berlin s’apparente moins à un couple, comme les Français ont l’habitude de l’appeler, qu’à une relation complexe « construite au forceps ».

Ces derniers mois, la France, l’Allemagne et l’Italie — avec le Royaume-Uni et la Pologne — ont mis en place une coalition ad hoc pour préparer l’UE au retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, et réaffirmer leur soutien à l’Ukraine.

[Édité par Laurent Geslin]