Prague veut rejoindre la zone euro d'ici quatre ans

Arrivé au pouvoir en février dernier, le gouvernement de Bohuslav Sobotka se montre de plus en plus pro-européen et souhaite rejoindre rapidement la zone euro, alors que le désintérêt des électeurs tchèques a atteint des sommets aux dernières élections. 

EURACTIV.fr
La République tchèque veut changer son nom. (Credit [Estea]/Shutterstock)
La République tchèque veut changer son nom. (Credit [Estea]/Shutterstock)

Arrivé au pouvoir en février dernier, le gouvernement de Bohuslav Sobotka se montre de plus en plus pro-européen et souhaite rejoindre rapidement la zone euro, alors que le désintérêt des électeurs tchèques a atteint des sommets aux dernières élections. 

La stratégie tchèque au sein de l’Union européenne  a changé. C’est en tout cas ce que le gouvernement de Prague veut faire savoir. Lors d’une conférence à Science Po Paris, Petr Drulák, premier vice-ministre tchèque des Affaires étrangères est revenu ce changement revendiqué d’attitude de la part de Prague.

Alors qu’il y a quelques années, la République tchèque se montrait méfiante vis-à-vis de l’Europe, « Prague veut aujourd’hui être présente dans la prise des grandes décisions », souligne Petr Drulák. « On disait toujours ‘’non’’ et après on réfléchissait. L’Europe a toujours été vue comme quelque chose de dangereux et de menaçant vis-à-vis de la souveraineté tchèque. A présent on dit ‘’oui, mais’’ » souligne-t-il.  

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Prague développe ses priorités pour l’UE

Dans un premier temps, Prague veut préparer son adhésion à la zone euro. Si Petr Drulák concède qu’il s’agit d’une tâche de long terme, il se veut aussi rassurant : « le pays va tout faire pour être prêt d’ici quatre ans ».

La République tchèque veut également apporter son soutien à l’économie réelle et approfondir le marché intérieur. « Celui-ci est vu comme un grand succès de l’Union européenne, mais il est toujours perçu comme inachevé. C’est aussi la question des relations avec les autres marchés mondiaux », explique le ministre tchèque.  Du côté de la sécurité énergétique, la République tchèque milite en faveur d’un marché commun de l’énergie.

Enfin la République tchèque veut soutenir l’élargissement de l’UE en particulier vers les pays des Balkans occidentaux. Cependant, Petr Drulák insiste sur la nécessité de la conditionnalité. « On ne peut pas intégrer l’Union européenne sans respecter les règles fondamentales du jeu européen », explique l’homme politique.

Pour un développement horizontal de l‘UE

Selon Petr Drulák, la construction européenne est sous-développée. « On a privilégié le développement vertical, mais on a négligé le développement horizontal », c’est-à-dire entre sociétés civiles, entre citoyens qui « ne sont pas capable de supporter la structure actuelle et à venir de l’UE », poursuit le ministre. Cela explique, selon lui, le problème de légitimité après les élections de mai dernier.

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En effet, lors des dernières élections européennes, la République tchèque a enregistré un des taux d’abstention les plus élevés de l’Union européenne, avec seulement 18,2% de participation.  Un score qui reflète le scepticisme grandissant de la population vis-à-vis des initiatives européennes.