Premières tensions entre Berlusconi et la Commission européenne à propos d’Alitalia

Ultime péripétie dans la faillite annoncée de la compagnie aérienne italienne Alitalia, la société Ryanair prévoit un recours probable devant la Commission européenne contre le prêt exceptionnel de 300 millions accordé par l’État italien à la compagnie aérienne nationale.

Ultime péripétie dans la faillite annoncée de la compagnie aérienne italienne Alitalia, la société Ryanair prévoit un recours probable devant la Commission européenne contre le prêt exceptionnel de 300 millions accordé par l’État italien à la compagnie aérienne nationale.

Un prêt d’un montant de 300 millions d’euros remboursable avant la fin de l’année pourrait être consenti à Alitalia, pour faire face à d’importantes pertes financières, a annoncé le 23 avril le Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi.

Les mises en garde de la Commission européenne

La Commission a rappelé qu’entre 1997 et 2001, elle avait déjà donné son aval pour que l’État italien accorde une aide d’une valeur de 1,4 milliard d’euros à Alitalia. Avant 2011, aucune autre aide ne pourra donc être validée, a précisé l’exécutif européen.

Le prêt italien est une déclaration politique et non un texte formel en voie d’adoption. La compagnie aérienne irlandaise à bas coûts, Ryanair, a cependant déposé un recours devant la Commission européenne pour atteinte aux règles communautaires de la concurrence.

D’autres compagnies aériennes telles que British Airways ont annoncé qu’elles suivraient l’initiative de Ryanair si le prêt venait à se confirmer. Le recours de Ryanair est une sérieuse mise en garde contre Alitalia.

De son côté, l’exécutif européen veut se laisser le temps d’analyser la nature précise du prêt avant de prendre de possibles sanctions, selon les propos du porte-parole du Commissaire aux transports, Michele Cercone.

La Commission a tout de même déjà précisé qu’on ne pouvait maquiller une aide d’État en un simple prêt de nature commerciale. Elle considère que même « un prêt aux taux d’intérêt du marché peut constituer une aide d’État si le prêteur, en l’espèce l’État italien, ne considère pas le bénéficiaire, Alitalia, comme suffisamment sûr pour lui accorder un prêt ».

Le rachat raté d’Alitalia par Air France-KLM

La survie de la compagnie aérienne italienne, détenue à 49% par le Trésor italien, est gravement menacée. Le 21 avril 2008, Air France-KLM, candidat repreneur, a annoncé qu’il supprimait son offre de rachat en estimant que « les conditions juridiques qui devaient être préalablement satisfaites avant tout lancement d’une offre n’ont pas été remplies ».

Le 2 avril déjà, Air France-KLM avait abandonné les premières négociations en jugeant irrecevable la proposition des syndicats italiens de conserver la totalité des activités de la compagnie. Le 7 avril, le groupe était resté ferme sur son projet de reprise en arguant qu’il était « le seul de nature à permettre le retour de la compagnie italienne à une croissance rentable dans des délais rapides ».  L’annonce de la compagnie franco-néerlandaise a provoqué la suspension du titre Alitalia à la Bourse italienne le jour même.

Silvio Berlusconi a riposté en exhortant « l’Union européenne à aider les choses justes et pas à créer de nouvelles difficultés ». Selon lui, Alitalia « ne pouvait pas se faire absorber par les Français ».

Les premières relations du nouveau président du Conseil italien, M. Berlusconi, avec les instances européennes semblent donc commencer sur de mauvaises bases.