Rachat de Volkswagen : l’UE donne son feu vert au constructeur automobile Porsche [FR]
Hier soir, 23 juillet, l’annonce de la Commission a constitué un choc pour les syndicats allemands et pour le Land de Basse-Saxe. Elle pourrait néanmoins aider les fabricants de voitures de luxe à atteindre les nouveaux objectifs d’émissions stricts prévus par l’UE.
Hier soir, 23 juillet, l’annonce de la Commission a constitué un choc pour les syndicats allemands et pour le Land de Basse-Saxe. Elle pourrait néanmoins aider les fabricants de voitures de luxe à atteindre les nouveaux objectifs d’émissions stricts prévus par l’UE.
Cette autorisation permettra à Porsche d’augmenter sa participation dans Volkswagen de 30,6 % à 35,5 %. « A l’issue de l’opération, Porsche sera à même de pouvoir exercer un contrôle de fait sur Volkswagen », a indiqué la Commission dans un communiqué de presse.
Selon les autorités antitrust de l’UE, « l’opération n’entraverait pas de manière significative l’exercice d’une concurrence effective » en Europe étant donné que « les chevauchements horizontaux entre les activités de Volkswagen et de Porsche [sont] limités ».
En effet, « alors que Volkswagen se spécialise dans différents types de voitures particulières et de véhicules utilitaires, Porsche se concentre sur les voitures de sport et les véhicules utilitaires sportifs », a déclaré la Commission.
La différence est de taille, non seulement en termes de droit de la concurrence, mais également par rapport à la législation environnementale proposée par la Commission en fin d’année dernière. Celle-ci obligerait en effet tous les constructeurs automobiles à limiter les émissions moyennes de CO2 des voitures à 120 g/km d’ici 2012 (voir notre LinksDossier sur les automobiles et le CO2).
Avec sa gamme de modèles sportifs puissants, Porsche atteint actuellement une moyenne de 282 g/km. L’année dernière, le commissaire européen à l’Industrie Günter Verheugen avait déjà signalé que le constructeur serait « hors de danger » si une société conjointe avec Volkswagen voyait le jour. En effet, Porsche pourrait ainsi compenser les émissions de ses modèles hautement polluants – qui ont également un volume de vente plus faible – grâce à des véhicules moins polluants comme la Polo.
Un tel rachat représenterait toutefois un camouflet pour les syndicats, qui avaient organisé d’importantes manifestations en début d’année. Ils craignaient que Porsche ne décide de délocaliser encore davantage sa production hors d’Europe en raison d’un euro fort et du coût élevé de la main d’œuvre en Allemagne.
Le Land allemand de Basse-Saxe, berceau de Volkswagen et détenteur de 20 % des actions du constructeur automobile, s’est lui aussi fermement opposé à l’opération. La « loi Volkswagen » anciennement en vigueur en Allemagne donnait à l’Etat le pouvoir de bloquer toute résolution ou transaction relative à l’entreprise alors même que la Basse-Saxe ne possède qu’un peu plus du cinquième des actions de Volkswagen.
En octobre dernier, la Cour de Justice européenne avait abrogé la loi au motif qu’elle était contraire au principe européen fondamental de libre circulation des capitaux. Jusqu’à aujourd’hui, le gouvernement allemand a toutefois refusé d’abdiquer sur la disposition relative à la minorité de blocage de 20 %.
La Commission a déjà menacé l’Allemagne de poursuites judiciaires si elle ne modifie pas la loi. La décision d’hier devrait encore accentuer la pression (EURACTIV 11/04/08).