Réaction timide de Bruxelles au sujet de la peine de mort en Hongrie
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a évoqué le fait que la peine de mort pourrait être réintroduite dans son pays. Les porte-paroles de la Commission ont tout fait pour éviter de répondre aux questions sur le sujet.
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a évoqué le fait que la peine de mort pourrait être réintroduite dans son pays. Les porte-paroles de la Commission ont tout fait pour éviter de répondre aux questions sur le sujet.
Le 28 avril, Viktor Orbán a déclaré à des journalistes dans la ville de Pecs que les sanctions existantes pour des crimes graves comme le meurtre étaient « trop faibles » et qu’il fallait faire quelque chose pour remédier à ce problème.
« La question de la peine de mort devrait être examinée en Hongrie », a déclaré Viktor Orbán. Il a ajouté qu’il était nécessaire de « dire clairement aux criminels que la Hongrie ne recule devant rien quand il s’agit de protéger ses citoyens. »
Cette déclaration a fait suite au meurtre d’une vendeuse, poignardée dans une ville proche de Kaposvar, qui a défrayé la chronique dans tout le pays.
Le parti au pouvoir de Viktor Orbán, le Fidesz, dirige une majorité qui a adopté de nombreuses lois qui en ont fait sourciller plus d’un à la Commission et au sein de la communauté internationale.
« L’interdiction de la peine de mort est un des piliers des droits fondamentaux de l’UE. L’un des articles-clés de la Charte des droits fondamentaux énonce d’ailleurs explicitement que personne ne devrait être condamné à la peine de mort ou exécuté dans l’UE », a déclaré le porte-parole Christian Wigand.
Des journalistes ont demandé quelles seraient les conséquences si la Hongrie, ou tout autre pays de l’UE, réintroduisait la peine de mort. Historiquement, l’UE n’a imposé de sanctions à l’un de ses États membres qu’une seule fois depuis sa création. En 2000, 14 pays de l’Union des Quinze avaient réagi à l’entrée du Parti autrichien de la liberté de Jörg Haider, un parti d’extrême droite, au sein du gouvernement, en gelant les relations bilatérales avec le pays.
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Pour Christian Wigand, la question est encore à l’état de spéculation, mais le porte-parole a confirmé que l’abolition de la peine de mort était un prérequis pour appartenir à l’UE. Interrogé sur la position du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, il n’a pas voulu répondre. Tout comme le président de la Commission, Viktor Orbán appartient au Parti populaire européen (PPE).
Parallèlement, le président du Parlement, Martin Schulz a toutefois eu une conversation téléphonique avec Viktor Orbán sur le sujet. Martin Schulz était le candidat phare des Socialistes et Démocrates lors des élections européennes.