Rehn : la Turquie cherche-t-elle à provoquer l'UE ? [FR]

Le Commissaire européen à l'élargissement, Olli Rehn, a souligné que les poursuites engagées par le gouvernenemt turc à l'encontre de l'écrivain le plus populaire du pays, Orhan Pamuk, étaient contraires aux dispositions de la Convention européenne des droits de l'Homme. 

Le Commissaire européen à l’élargissement, Olli Rehn, a souligné que les poursuites engagées par le gouvernenemt turc à l’encontre de l’écrivain le plus populaire du pays, Orhan Pamuk, étaient contraires aux dispositions de la Convention européenne des droits de l’Homme. 

Le procès du romancier Orhan Pamuk doit s’ouvrir le 16 décembre 2005 – soit le même jour qu’une réunion du Conseil européen. Pour Olli Rehn, il pourrait « ne pas s’agir là d’une simple coïncidence », mais bel et bien d’une « provocation » de la part de la Turquie, intervenant quelques semaines seulement avant l’ouverture officielle des négociations d’adhésion entre Ankara et Bruxelles. Le Commissaire Rehn a également déclaré que ce procès soulevait de sérieuses questions quant à certaines dispositions du nouveau code pénal turc, adopté au début de l’année 2005.

Orhan Pamuk est accusé d’avoir, dans un entretien accordé à un journal suisse, insulté l’Etat turc en tenant des propos « subversifs » sur les massacres subies par les populations arménienne et kurde.  Au moment de l’entrée en vigueur du nouveau code pénal turc, plusieurs défenseurs du droit à la liberté d’expression avaient déjà pointé du doigt la nouvelle clause sur « l’identité nationale », susceptible selon eux de permettre l’emprisonnement d’artistes et de journalistes. 

La Commission européenne continue à surveiller très étroitement l’évolution de la situation des droits de l’Homme en Turquie. Le processus d’adhésion du pays à l’UE « s’étendra sur 10 à 15 ans », a souligné Olli Rehn.