Rehn met la Turquie face à ses obligations [FR]

Le Commissaire européen à l'élargissement, Olli Rehn, a indiqué que les négociations d'adhésion entre Bruxelles et Ankara ne pourraient démarrer avant la ratification, par le parlement turc, du protocole étendant l'Union douanière UE-Turquie aux dix nouveaux Etats membres de l'Union.

Le Commissaire européen à l’élargissement, Olli Rehn, a indiqué que les négociations d’adhésion entre Bruxelles et Ankara ne pourraient démarrer avant la ratification, par le parlement turc, du protocole étendant l’Union douanière UE-Turquie aux dix nouveaux Etats membres de l’Union.

La Turquie doit continuer à « mettre vigoureusement en oeuvre les réformes politiques » exigées par l’Union européenne afin de remplir les critères conditionnant son adhésion, a souligné Olli Rehn, jeudi 6 octobre à Ankara. Lors de discussions avec plusieurs responsables turcs, le Commissaire Rehn a exhorté les autorités d’Ankara à « faire de l’Etat de droit une réalité quotidienne dans tous les aspects de la vie » des citoyens du pays.

Olli Rehn a également souligné que la Turquie devait rapidement ratifier le protocole étendant son union douanière avec l’UE aux dix nouveaux Etats-membres (parmi lesquels Chypre), affirmant qu’il s’agissait là d’un préalable indispensable au lancement des négociations d’adhésion. La veille, les autorités turques avaient indiqué n’être pas disposées à accélérer le déroulement du processus de ratification.  

« La Turquie sera observée avec une vigilance croissante par l’UE, par l’opinion publique européenne et par les Etats membres », a encore déclaré M. Rehn. 

Dans le même temps, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a vivement réagi aux récents propos du président Chirac, selon qui la Turquie devra accomplir une « révolution culturelle » pour être en mesure d’entrer dans l’UE. « Chirac devrait garder pour lui ses opinions sur le sujet », a déclaré M. Erdogan, avant d’ajouter : « La Turquie mène elle-même ses révolutions culturelles, quand elle le juge nécessaire […]. Chirac n’a aucune raison de s’inquiéter, il devrait se calmer. »

Les forces rebelles kurdes ont par ailleurs annoncé avoir mis fin au cessez-le-feu qu’elles avaient unilatéralement instauré pour une période d’un mois. « Avec le début des négociations d’adhésion [UE-Turquie], le problème kurde n’est plus seulement un problème pour la Turquie, mais bien un problème fondamental pour l’UE », souligne, dans un communiqué, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).