Relations commerciales UE - Chine : après le textile, les chaussures ? [FR]

Si les Etats membres ont donné leur feu vert à l'accord conclu entre la Commission et le gouvernement chinois sur les quotas textiles, c'est désormais dans le secteur des chaussures que pourrait naître le prochain litige commercial entre Pékin et Bruxelles. 

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Si les Etats membres ont donné leur feu vert à l’accord conclu entre la Commission et le gouvernement chinois sur les quotas textiles, c’est désormais dans le secteur des chaussures que pourrait naître le prochain litige commercial entre Pékin et Bruxelles. 

L’accord conclu entre la Commission et le gouvernement chinois, qui a reçu l’approbation des Etats membres de l’UE mercredi 7 septembre, s’étend sur la période 2006-2007. Certains Etats membres auraient souhaité qu’il courre jusqu’en 2008, date d’expiration des mesures de sauvegarde du secteur textile prévues dans le cadre du protocole de l’OMC sur les relations commerciales avec la Chine. C’est grâce à l’existence de ce protocole que l’UE peut introduire des mesures de sauvegarde visant à protéger son secteur textile jusqu’en 2008.  

Ce protocole ne couvre pas le secteur des chaussures, lequel pourrait être à l’origine d’une nouvelle crise commerciale entre l’UE et la Chine. Pour faire obstacle au déferlement prévisible de chaussures chinoises sur ses marchés, l’UE n’aurait à sa disposition que l’arsenal de mesures anti-dumping autorisées par l’OMC au nom de la lutte contre les pratiques commerciales déloyales. Mais il s’agirait là d’une démarche risquée, susceptible de déclencher un cycle de représailles mutuelles entre les deux partenaires.

Interrogée par EURACTIV, Katinka Barysch, analyste politique au « Centre for European Reform » (un think tank britannique), souligne que « la Chine est déjà la principale cible des mesures anti-dumping actuellement mises en oeuvre par l’UE. » Selon Mme Barysch, « si l’UE devait agir dans le secteur des chaussures, elle devrait le faire sur la base de règles anti-dumping – après avoir démontré que la Chine exporte vers l’Europe des biens vendus à des tarifs significativement inférieurs à ceux pratiqués en Asie. » 

Katinka Barysch accorde peu de crédit à un tel scénario, d’autant plus que « la Commission ne souhaite pas être perçue comme réagissant aux pressions du lobby des fabricants de chaussures [européens], pour ne pas encourager les autres lobbies à agir comme ce dernier. »