Renew cherche à sortir de la discorde franco-allemande sur les règles de l’UE en matière de dette
Le groupe Renew du Parlement européen s’apprête à adopter une position commune sur les règles de l’UE en matière de dette. Toutefois, les négociations s’avèrent délicates, les délégations française et allemande faisant face à un réel désaccord sur le degré de flexibilité des règles.
Le groupe Renew du Parlement européen s’apprête à adopter une position commune sur les règles de l’UE en matière de dette. Toutefois, les négociations s’avèrent délicates, les délégations française et allemande faisant face à un réel désaccord sur le degré de flexibilité des règles.
Les nouvelles règles de l’UE en matière de dette, publiées par la Commission européenne la semaine dernière, visent à donner aux États membres une plus grande marge de manœuvre pour définir des programmes de réduction de la dette, en collaboration avec la Commission, et à s’éloigner des exigences précédentes « universelles ».
Cependant, la Commission s’est écartée de sa « Communication » – sorte de document de travail initial – de novembre, en ajoutant de nouvelles « garanties communes » applicables à tous les États membres, indépendamment des plans de réduction de dette propres à chaque pays.
Cette décision visait à apaiser les inquiétudes du ministre allemand des Finances, Christian Lindner, qui craignait que des pays hésitent à prendre des mesures appropriées pour réduire leur déficit et leur dette publiques, comme EURACTIV l’a rapporté au début du mois d’avril (en anglais).
Ces « garanties communes » obligeraient les États membres à réduire leurs ratios dette publique/PIB au cours d’un plan quadriennal et à faire en sorte que les dépenses publiques augmentent moins vite que la croissance.
La proposition de révision de la Commission a depuis lors alimenté les craintes d’une baisse des investissements publics et d’une augmentation des risques de récession, en particulier à moyen et long terme.
Un accord de « minimums »
La proposition de la Commission a surtout créé une division marquée au sein du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen entre la délégation française, favorable à des plans flexibles spécifiques à chaque pays et la délégation allemande du FDP, le parti de M. Lindner et fervent partisan de règles communes strictes.
Ces nouvelles mesures « favorisent les politiques pro cycliques que nous souhaitons pourtant éviter », tant elles peuvent « fragilise[r] la croissance et la réussite de nos objectifs en matière climatique, numérique et stratégiques », expliquait à EURACTIV la semaine dernière Stéphanie Yon-Courtin, eurodéputée française du groupe Renew.
Selon elle, l’« esprit de la communication » de novembre doit donc être « préservé ».
Le FDP, au contraire, s’est ouvertement plaint que la proposition de la Commission n’atteignait pas ses objectifs, affirmant que « davantage de travail est nécessaire ».
« Il y a une position commune en principe », a confié à EURACTIV l’eurodéputée espagnole Renew et vice-présidente de la commission des Affaires économiques et monétaires (ECON), Eva Maria Poptcheva.
Ces commentaires interviennent quelques jours avant que le groupe ne publie une position commune en 10 points sur la révision, en amont des négociations parlementaires.
Cependant, le nombreux représentants de Renew, s’exprimant sous couvert d’anonymat, sont moins conciliants : « Nous cherchons à atteindre un accord “de minimums” », a expliqué un cadre de Renew à EURACTIV, laissant entendre que les camps français et allemand avaient bien du mal à trouver des terrains d’entente.
« Les Français plaident pour une plus grande flexibilité » pour chaque État membre, alors que les Allemands de Renew souhaitent des programmes de réduction de la dette plus « agressifs », ajoute la source.
« Les ajouts du FDP vont à l’encontre de la flexibilité qui était au cœur des communications de novembre », a souligné un autre membre de la délégation française de Renew.
Selon les informations d’EURACTIV, une majorité des membres de Renew se rangera du côté de la France lorsqu’il s’agira de donner de la flexibilité aux Etats membres, bien que la position commune finale devrait également réaffirmer la volonté du groupe de « consolider » les finances publiques.
Quant au parti centriste espagnol Ciudadanos, il semble adopter une position intermédiaire, entre celle des Français et celle des Allemands. « Nous voulons que les Etats membres s’approprient réellement leurs plans de réduction de dette », tout en appelant les États membres à être « responsables » et ambitieux dans leurs objectifs, a expliqué Mme Poptcheva.
Le document de synthèse du groupe doit être approuvé par tous les membres du groupe Renew lundi (8 mai) à Strasbourg. Au moment de la publication de cet article, plusieurs sources ont confirmé que le document était encore en cours de rédaction.