Sardaigne : revers pour Giorgia Meloni et la droite à l’approche des élections européennes
La victoire de la candidate du Mouvement 5 étoiles aux élections régionales en Sardaigne face à un candidat de Fratelli d’Italia représente clairement un échec pour la droite et la coalition gouvernementale dirigée par Giorgia Meloni, à la veille des élections européennes de juin.
La victoire de la candidate du Mouvement 5 étoiles Alessandra Todde aux élections régionales en Sardaigne face à Paolo Truzzu de Fratelli d’Italia représente clairement un échec pour la droite et la coalition gouvernementale dirigée par la Première ministre Giorgia Meloni à la veille des élections européennes du mois de juin.
Mme Todde, qui sera la première femme à diriger la région de Sardaigne, a battu le candidat de centre droit et maire de la capitale régionale Cagliari (qui a perdu dans sa propre ville) à l’issue d’une journée électorale longue et animée. Selon des résultats non officiels, Mme Todde a obtenu environ 45,4 % des voix, tandis que M. Truzzu en a obtenu 45 %.
En termes de voix, l’écart n’est que d’environ 3 000, une différence qui peut s’expliquer par le fait que les citoyens devaient voter pour le président et pour un parti. Ainsi, Mme Todde a obtenu plus de voix que M. Truzzu, bien que les partis soutenant M. Truzzu aient obtenu plus de voix que ceux soutenant Mme Todde.
Néanmoins, le Parti démocrate (PD) est arrivé en tête avec 13,8 %, juste devant Fratelli d’Italia (FdI) qui a obtenu 13,6 % des suffrages. Le Mouvement 5 étoiles (5SM) est arrivé en troisième position avec 7,7 %, tandis que Forza Italia (FI/PPE) du ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a obtenu 6,4 % et que la Lega (ID) de Matteo Salvini affiche un score encore plus faible de seulement 3,8 %.
Le résultat du vote donne une nouvelle force à ceux qui sont en faveur d’une alliance entre le 5SM et le PD, dans la perspective d’autres élections régionales avant les élections européennes de juin : les Abruzzes (10 mars), la Basilicate (21-22 avril) et le Piémont (8-9 juin).
D’emblée, les élections régionales sardes ont divisé la coalition de centre droit, déjà en crise sur d’autres fronts, à commencer par sa position sur la scène européenne. Mme Meloni a imposé M. Truzzu à son allié M. Salvini avant même que le président sortant de la Lega, M. Christian Solinas, ne soit évincé en raison d’une affaire de corruption. Toutefois, après la défaite, Mme Meloni et d’autres membres de son parti ont accusé la Lega d’avoir fait obstruction à leur candidat en favorisant la fragmentation du vote.
Il est intéressant de noter que la coalition de centre droit a perdu face à un centre gauche divisé, alors même qu’un troisième candidat soutenu par certains partis de centre gauche, Renato Soru, a obtenu 8,6 % des voix.