Roumanie : Victor Ponta dévoilera la composition du nouveau gouvernement la semaine prochaine
En Roumanie, l’alliance de l’opposition de gauche USL, qui a fait chuter le gouvernement en place depuis deux mois, suite à un vote de confiance, devrait dévoiler le nouveau gouvernement le 7 mai prochain. C’est ce qu’a annoncé le dirigeant social-démocrate Victor Ponta, qui devrait assumer la fonction de premier ministre.
En Roumanie, l’alliance de l’opposition de gauche USL, qui a fait chuter le gouvernement en place depuis deux mois, suite à un vote de confiance, devrait dévoiler le nouveau gouvernement le 7 mai prochain. C’est ce qu’a annoncé le dirigeant social-démocrate Victor Ponta, qui devrait assumer la fonction de premier ministre.
Lors d'un discours adressé à ses partisans dans la ville de Transylvanie Bra?ov, le leader de l'USL, Victor Ponta, a promis de relancer dès que possible les négociations avec les bailleurs internationaux, mais il n'a pas donné de précision quant à la composition du nouveau gouvernement. L'USL est une alliance de trois partis dont l'objectif est de briser l'hégémonie du président Traian B?sescu (voir « contexte »).
« L'une de nos priorités sera de rencontrer la délégation du Fonds monétaire international à Bucarest […] Il faut lui prouver que la relève est assurée en Roumanie. Le Parlement donnera probablement son aval le 7 mai prochain », a annoncé M. Ponta.
Comme d'autres gouvernements de l'Union européenne, le gouvernement du premier ministre Mihai R?zvan Ungureanu a été évincé après avoir dû affronter une vague de mécontentement de la population face aux mesures de réduction des dépenses publiques et d'augmentation des taxes.
Après deux mois au pouvoir, son gouvernement s'est effondré vendredi dernier suite à un vote au parlement.
Ce revirement de situation, qui soulève la possibilité de voir le pays traverser une crise politique au cours des prochains mois, a poussé le Fonds monétaire international à remettre à plus tard la révision de son accord d'aide préventive de 5 milliards d'euros destinés au pays. Cette révision dépend désormais du nouveau gouvernement formé.
« Notre mandat au gouvernement prendra fin lors des élections législatives de novembre prochain. Nous nous en tiendrons au programme de l'USL », a précisé M. Ponta.
Le FMI a accordé deux prêts à la Roumanie, avec le concours de l'UE et de la Banque mondiale. L'accord d'aide préventive est essentiel pour que le pays continue de bénéficier de la confiance des investisseurs.
M. Ponta a indiqué que son gouvernement rassemblerait des membres de l'USL qui ont déjà occupé des postes ministériels ou de vice-ministre.
Selon certains observateurs, l'alliance USL, qui bénéficie de 50 % d’opinion favorable dans les sondages, pourrait faire marche arrière sur certaines mesures d'austérité si elle était au pouvoir.
Lors d'un entretien accordé à Reuters en février dernier, Victor Ponta avait déclaré que s'il remportait les élections en novembre, il n'abaisserait pas directement la TVA de 24 à 19 %, mais tenterait plutôt de la ramener progressivement à 20 % d'ici 2016.
Il avait également affirmé que l'USL serait favorable au maintien de l'impôt sur le revenu et les recettes à 16 %, contrairement à un avis auparavant favorable à une politique d'imposition progressive qui, selon de nombreux chefs d'entreprise, nuirait aux investissements.
Le deuxième pays le plus pauvre de l'UE a considérablement réduit les salaires du secteur public et augmenté la TVA en 2012 dans le but de consolider son économie, mais ces mesures ont surtout touché les Roumains les plus pauvres, alors que le pays se remet lentement d'une récession qui aura duré deux ans.
« Ils ont une marge de manoeuvre très restreinte et ne peuvent pas se permettre de rejeter l'accord du FMI », a expliqué le politologue indépendant Cristian P?tr??coniu. « Il s'agira de leur premier contact direct avec la vie réelle et la crise économique après une victoire sans doute facile au parlement. »
Le succès de M. Ponta annonce également des changements au sein de son Parti social-démocrate, fondé essentiellement par d'anciens communistes et qui demeure une force dominante de l'USL.
Samedi, il a déclaré à Reuters qu'il contrôlait à présent 227 des 460 sièges au parlement. L'ancien gouvernement a été évincé par le vote de 235 députés, soit quatre voix de plus que le minimum nécessaire pour renverser le gouvernement.
Plusieurs députés issus de minorités ethniques devraient soutenir le nouveau gouvernement, ainsi qu'un petit parti, l'UNPR, ancien allié de la coalition évincée vendredi dernier.
Certains analystes et opposants soutiennent qu'il reste sous l'influence de son fondateur, Ion Iliescu, qui a fait ses armes à Moscou.
Cela pourrait poser problème à long terme si le gouvernement adopte une approche plus à gauche, qui pourrait notamment bloquer le processus de rationalisation du secteur public pourtant coûteux et mener à une approche plus prudente vis-à-vis de la privatisation nécessaire.