Royaume-Uni-UE : un climat d’apaisement après la tempête du Brexit
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a affirmé que les relations entre le Royaume-Uni et l’UE sortent progressivement d’un creux historique avec la signature d'un pacte de défense, des engagements sur le commerce des denrées alimentaires, l’énergie ou encore la mobilité.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a affirmé que les relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sortent progressivement d’un creux historique avec la signature d’un pacte de défense, des engagements sur le commerce des denrées alimentaires, l’énergie ou encore la mobilité.
David Lammy a indiqué à la presse lundi 19 mai à Londres que l’accès du Royaume-Uni au nouvel instrument de 150 milliards d’euros de l’UE pour la défense — baptisé « SAFE » pour Security Action for Europe — pourrait être négocié « en quelques semaines » maintenant que les deux parties ont scellé leur pacte de défense.
Outre un pacte de défense, l’Union européenne et son ancien État membre ont convenu, entre autres, de discuter de l’approfondissement des liens dans les domaines de l’énergie, de la migration et de l’alimentation et la pêche.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a déclaré que ce rapprochement illustre la capacité du Royaume-Uni à « montrer la voie au niveau international ».
David Lammy a également vivement critiqué le gouvernement précédent, accusé d’avoir gravement détérioré les relations avec des partenaires clés comme la France, l’Allemagne et l’Irlande. L’accord signé est, selon lui, une première étape pour corriger ce déclin diplomatique.
Le ministre a rappelé que le Royaume-Uni et la France représentent ensemble près de la moitié des capacités militaires européennes. Il a déploré l’absence, jusqu’à ce lundi, d’un véritable partenariat sécuritaire avec l’UE, malgré le contexte de guerre en Europe.
David Lammy a présenté le nouveau partenariat entre Londres et Bruxelles comme une opportunité pour le Royaume-Uni de contribuer pleinement aux efforts européens de réindustrialisation et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, des enjeux cruciaux pour la stabilité et la sécurité du continent dans la décennie à venir.
Le programme SAFE, approuvé par les ambassadeurs de l’UE lundi, vise à stimuler les achats conjoints dans le secteur de la défense. Pour que l’important secteur de la défense britannique puisse y participer, un nouvel accord, incluant une contribution financière de Londres, devra encore être négocié.
Malgré l’enthousiasme du gouvernement, l’accord a immédiatement suscité de vives critiques à droite. Kemi Badenoch, du Parti conservateur, a promis de le « renverser », tandis que Nigel Farage, chef du Reform UK, y voit une « capitulation abjecte » face à Bruxelles.
David Lammy a toutefois balayé ces commentaires, déclarant que « ceux qui, dans notre système politique, veulent répéter les combats du passé peuvent le faire ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]