Sabotage du Nord Stream : l’Allemagne émet un mandat d’arrêt contre un Ukrainien

Selon un rapport d’enquête publié par des médias allemands mercredi 14 août, l’Allemagne a émis un mandat d’arrêt à l’encontre d’un ressortissant ukrainien soupçonné d’avoir saboté les gazoducs Nord Stream en 2022, peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Euractiv.com
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Il y a deux ans, en septembre 2022, les gazoducs russo-européens Nord Stream 1 et 2 ont explosé, entravant gravement la capacité d’approvisionnement en gaz de la Russie vers l’Allemagne et d’autres pays européens et provoquant une catastrophe écologique, quelques mois seulement après que la Russie a lancé une invasion à grande échelle de l’Ukraine. [Swedish Coast Guard via Getty Images]

Selon un rapport d’enquête publié par des médias allemands mercredi 14 août, l’Allemagne a émis un mandat d’arrêt à l’encontre d’un ressortissant ukrainien. Ce dernier est soupçonné d’avoir saboté les gazoducs Nord Stream en 2022, peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

En septembre 2022, les gazoducs russo-européens Nord Stream 1 et 2 explosaient, entravant gravement les exportations de gaz russe vers l’Allemagne et d’autres pays européens. Cet incident entraîna aussi une catastrophe écologique, quelques mois seulement après que Moscou ait lancé l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, en février 2022.

Selon une enquête conjointe menée par trois médias allemands (la chaîne publique ARD, le quotidien Süddeutsche Zeitung et l’hebdomadaire Die Zeit), dévoilée mercredi 14 août, le Parquet fédéral allemand soupçonne trois professeurs de plongée ukrainiens d’être impliqués dans les explosions.

Les preuves contre l’un d’entre eux sont si solides qu’un mandat d’arrêt a été émis. L’Allemagne aurait sur ce dossier obtenu des renseignement d’un pays étranger.

Le suspect vivrait actuellement dans la clandestinité, après avoir semble-t-il, séjourné dans une ville proche de Varsovie, en Pologne. Selon le rapport d’enquête, il serait donc hors de portée des services allemands.

Les autorités polonaises n’ont toutefois procédé à aucune arrestation. La coopération entre les deux pays aurait été difficile, et le suspect en aurait profité pour disparaitre.

La Pologne et plusieurs autres pays européens ont longtemps critiqué les gazoducs, soutenant que le projet rendait l’Europe dépendante du gaz russe bon marché.

Le rapport d’enquête précise que le suspect serait très bien formé à la plongée sous-marine profonde, tout comme ses deux collègues. Le Parquet fédéral allemand estime que les trois hommes ainsi que deux autres personnes ont effectué un voyage en mer de 18 jours au début du mois de septembre 2022, qui a abouti à l’explosion des gazoducs près de l’île danoise de Bornholm.

Alors que le Danemark et la Suède ont mis fin à leurs enquête début 2024, l’Allemagne a persisté pour faire toute la lumière sur ce sabotage. Peu après l’explosion, les autorités allemandes avaient ouvert une enquête pour « provocation délibérée d’une détonation à l’aide d’explosifs ».

Un porte-parole du gouvernement allemand a expliqué mercredi 14 août que « l’enquête sur l’acte de sabotage du Nord Stream est une priorité absolue ». Il a toutefois souligné qu’elle n’aurait pas d’incidence sur les relations entre l’Allemagne et l’Ukraine.

« L’affaire est totalement indépendante du fait que nous soutiendrons l’Ukraine, comme le chancelier fédéral l’a dit à plusieurs reprises, aussi longtemps que nécessaire, dans sa défense contre cette guerre d’agression de la Russie, qui viole le droit international », a soutenu le porte-parole.

[Édité par Sarah N’tsia]