Pedro Sánchez sous le feu des critiques alors que les incendies et les scandales font rage en Espagne
Alors que l'Espagne lutte contre les pires incendies depuis des décennies, la pression politique s'accentue sur le Premier ministre Pedro Sánchez, qui fait déjà face à une vague de scandales de corruption.
Alors que l’Espagne lutte contre les pires incendies depuis des décennies, la pression politique s’accentue sur le Premier ministre Pedro Sánchez, qui fait déjà face à une vague de scandales de corruption.
Le gouvernement de Pedro Sánchez est sous le feu des critiques concernant sa gestion des incendies de forêt dévastateurs en Espagne, et dans le même temps, des scandales de corruption accablent l’administration et le cercle rapproché du Premier ministre.
Si le gouvernement socialiste assure avoir mobilisé toutes les ressources de l’État pour lutter contre les flammes, le chef de l’opposition conservatrice, Alberto Núñez Feijóo, a accusé Pedro Sánchez d’avoir agi trop tard et sans coordination.
« Cinq jours à demander des renforts pour les forces armées et la plupart de ce qui a été demandé n’est pas arrivé. Cinq ans sans approbation d’un mécanisme national de réponse en matière de protection civile. Les fonds de prévention n’ont pas été investis. Le devoir de M. Sánchez est d’apporter des secours, pas de lésiner et d’improviser en permanence », a écrit le chef du Parti populaire (PP) sur X.
Les dirigeants régionaux du Partido Popular (PP) se sont fait l’écho de ces critiques. Alfonso Fernández Mañueco, président de Castille et León, et Alfonso Rueda, président de Galice, ont accusé Madrid de ne pas avoir fourni l’équipement et le personnel nécessaires, obligeant l’Espagne à demander de l’aide par le biais du mécanisme de protection civile de l’UE.
Les personnalités de l’opposition ont également souligné que l’Espagne n’avait investi que 2,7 millions d’euros sur les 71 millions d’euros de fonds européens destinés à la gestion des forêts et qu’elle n’avait pas développé un plan national d’intervention d’urgence promis depuis longtemps.
Santiago Abascal, chef de file du parti d’extrême droite Vox, a reproché à Pedro Sánchez et aux gouvernements régionaux du PP de laisser les Espagnols « sans défense face au terrorisme climatique ».
En Espagne, la responsabilité de la lutte contre les incendies incombe principalement aux 17 régions autonomes du pays en vertu de la loi sur les forêts, qui exige que chacune mobilise des brigades, des véhicules et des avions tout en se coordonnant avec les autorités centrales.
Pedro Sánchez sous un « double feu »
La tempête politique actuelle vient s’ajouter à une série de scandales internes qui ont suivi Pedro Sánchez jusque sur son lieu de vacances, aux îles Canaries.
La semaine dernière, son épouse a été inculpée pour détournement de fonds présumé, et Pedro Sánchez a annulé un voyage à Washington aux côtés d’autres dirigeants européens pour rencontrer le président américain Donald Trump. Les médias conservateurs ont attribué son absence à la fois aux incendies et aux relations glaciales du Premier ministre espagnol avec le président américain.
Pedro Sánchez a accusé Donald Trump d’essayer d’imposer une « vassalité » à Kiev en se rangeant trop près de Vladimir Poutine. « Au XXIe siècle, les relations entre les pays sont des alliances, pas des vassalités », a réagi le Premier ministre espagnol en juillet, réaffirmant le soutien de l’Espagne à l’Ukraine.
Ce dernier continue également de se débattre avec les retombées de l’« affaire de corruption Koldo », qui a amplifié les soupçons concernant les contrats attribués pendant le mandat de l’ancien ministre espagnol des Transports.
L’emprisonnement, en juillet, de l’ancien secrétaire à l’organisation du parti socialiste, accusé d’avoir orchestré un système de corruption lié à des contrats de travaux publics, n’a fait qu’envenimer la situtation.
La fragile coalition au pouvoir dépend désormais des partis séparatistes de Catalogne et du Pays basque, qui ne cessent de faire pression sur Pedro Sánchez pour obtenir de nouvelles concessions. Quelle que soit la température à Madrid en septembre, tout porte à croire que cette rentrée politique sera particulièrement chaude pour Pedro Sánchez.
(sn)