Sans nouvelle aide, la Grèce pourrait abandonner l’euro
Le sort du pays sera scellé dans les trois mois qui viennent, selon plusieurs responsables. Sans déploiement rapide du deuxième plan de sauvetage, la Grèce sera contrainte de rétablir la drachme.
Le sort du pays sera scellé dans les trois mois qui viennent, selon plusieurs responsables. Sans déploiement rapide du deuxième plan de sauvetage, la Grèce sera contrainte de rétablir la drachme.
La Grèce débute l’année 2012 de façon fracassante. Interviewé par la chaîne de télévision grecque Skai TV, mardi 3 janvier, le porte-parole du gouvernement hellénique Pantelis Kapsis a lancé un avertissement : « L’accord de sauvetage doit être signé, sans quoi nous nous retrouverons hors des marchés, hors de l’euro. » Un tel écueil peut toutefois être évité grâce à « un travail sérieux et systématique », a-t-il cependant précisé.
L’accord en question porte sur l’engagement de l’UE (via le Fonds européen de stabilité financière) et du FMI à apporter 130 milliards d’euros, déclinés sous forme de prêts et de garanties. Une décision prise à l’issue du sommet européen du 26 octobre, qui prévoit en outre un effort financier des créanciers privés. Ils pourraient perdre 50% de la valeur des obligations souveraines grecques qu’ils détiennent.
Oxymore
Qu’il s’agisse de la participation privée ou publique, les négociations s’avèrent laborieuses. Dans le premier cas, maintenir le principe du volontariat relève de la gageure. « La notion d’échange volontaire de dette avec une décote de 50% est un oxymore », soulignent Mitu Gulati, de l’Université de Duke et Jeromin Zettelmeyer, de la Banque européenne de reconstruction et de développement, dans une note publiée le 30 décembre.
D’autant plus que le seuil envisagé, censé ramener la dette grecque détenue par le secteur privé à 103 milliards d’euros, contre 206 milliards aujourd’hui, est susceptible d’être revu à la hausse…
Le plan de sauvetage public reste quant à lui fortement contraint par l’application de nouvelles mesures d’austérité. La Grèce ne pourra de toute façon pas tenir longtemps à ce rythme, puisqu’une tranche de 14,5 milliards d’euros de dette arrive à échéance en mars prochain.
Conscient de l’urgence, le directeur de la Banque Nationale de Grèce (BNG), Vassilis Rapanos a estimé en début de semaine que le sort de la Grèce serait scellé au cours du premier trimestre de cette année. « Soit nous resterons dans la zone euro, abaissant ainsi le niveau de vie de tous nos citoyens, soit nous la quitterons, ce qui nous ferait reculer de plusieurs décennies », a-t-il déclaré.