Santé : création d'un groupe d'action en faveur des psychédéliques au Parlement européen

L’eurodéputée écologiste luxembourgeoise Tilly Metz a lancé jeudi le premier groupe d’action du Parlement européen sur les psychédéliques et la santé, qu’elle coprésidera avec le socialiste maltais Alex Agius Saliba.

EURACTIV.com
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« Si nous ne voulons pas rater le coche, nous devons agir maintenant. Des pays comme les États-Unis ont déjà une longueur d’avance sur nous », a expliqué l’eurodéputée. [R.J. Johnston/Toronto Star via Getty Images]

L’eurodéputée écologiste luxembourgeoise Tilly Metz a lancé jeudi le premier groupe d’action du Parlement européen sur les psychédéliques et la santé, qu’elle coprésidera avec le socialiste maltais Alex Agius Saliba.

Ce groupe, dont les bases ont été jetées en mai dernier, a pour objectif de pousser l’Union européenne (UE) et la Commission à évaluer les avantages des psychédéliques dans le cadre de certaines thérapies médicales, et les risques qui y sont associés.

Les eurodéputés croates Tomislav Sokol (PPE) et Romana Jerković (S&D), ainsi que l’eurodéputé lituanien Vytenis Andriukaitis (S&D) sont également membres du groupe.

Leur objectif est de pousser leurs collègues, notamment ceux qui siègent au sein de la nouvelle commission parlementaire de la Santé (SANT), à s’emparer de ce dossier.

Tilly Metz a de son côté expliqué à Euractiv son intention de faire pression sur les eurodéputés siégeant à la commission de l’Industrie, de la Recherche et de l’Énergie (ITRE), pour évoquer avec eux l’aspect « compétitivité » de la question.

« Si nous ne voulons pas rater le coche, nous devons agir maintenant. Les États-Unis ont déjà une longueur d’avance sur nous », souligne-t-elle.

Reste cependant que de nombreuses questions se posent aussi outre-Atlantique.

La thérapie assistée par MDMA de la société Lykos Therapeutics, prévue pour la traitement du stress post-traumatique, s’est ainsi vue rejetée par la Food and Drug Administration (FDA) en 2024.

Lykos Therapeutics est actuellement en négociation avec l’agence américaine, qui lui a demandé de mener un nouvel essai de phase 3 pour mieux évaluer l’efficacité et les risques du traitement.

Tilly Metz souhaite également avec son collègue Tomislav Sokol convaincre les députés de la commission du Marché intérieur et de la Protection des consommateurs (IMCO) de s’intéresser à la question.

Son objectif est d’élargir le groupe sur les psychédéliques à une centaine de membres, à l’instar d’autres groupes parlementaires comme celui sur le bien-être animal.

Pour prendre de l’ampleur, les eurodéputés s’appuient sur l’initiative citoyenne européenne PsychedeliCare, lancée également jeudi.

Cette initiative vise à soutenir l’intégration de thérapies psychédéliques efficaces, sûres et accessibles dans les systèmes de santé européens.

« Il est plus efficace d’élaborer une approche commune plutôt que 27 approches différentes, afin de garantir que tout le monde puisse avoir accès à ces thérapies. C’est formidable que les eurodéputés soutiennent ce projet, cela envoie un message fort aux États membres », souligne Théo Giubilei, fondateur de l’initiative PsychedeliCare.

Reste à voir si la question des psychédéliques pourra résister aux réactions conservatrices venues de la droite du Parlement européen, dont les membres sont toujours restés très septiques sur ces questions.

« Cette dynamique politique n’aide pas la cause, mais la lettre de mission du commissaire [à la Santé Olivér] Varhelyi donne la priorité à la santé mentale. Si nous parlons de santé mentale, nous ne pouvons pas complètement éviter la question des psychédéliques », a ajouté Tilly Metz.

« Le fait d’avoir ces discussions au Parlement européen est novateur. Nous devons encore rassembler plus de données et d’informations, et réfléchir au cadre réglementaire et au financement. J’espère que nous pourrons soutenir cela au Parlement », poursuit Tomislav Sokol.

Selon la Psychedelic Access and Research European Alliance (PAREA), qui fait également partie de l’initiative citoyenne, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé la commercialisation de 166 nouveaux médicaments entre début 2022 et fin de 2023.

Pas un seul d’entre eux n’était destiné aux troubles de la santé mentale.

(LG)