SCAF : la ministre des Armées doute de la capacité de l’Allemagne à concevoir un avion de combat

La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a ravivé cette semaine les tensions autour du projet franco-allemand de système de combat aérien du futur (SCAF), déclarant mardi 11 novembre que l’Allemagne n’avait pas la capacité de fabriquer seule un avion de combat.

EURACTIV.com
Council Of Ministers Meeting At Elysee Palace
PARIS, FRANCE - OCTOBER 14: France's Minister of Armed Forces Catherine Vautrin leaves the weekly meeting of the new cabinet at the Elysee presidential Palace on October 14, 2025 in Paris, France. The new cabinet is expected to present a draft budget on October 14, aiming for a deficit below five percent of GDP, according to new government spokesperson. (Photo by Antoine Gyori - Corbis/Corbis via Getty Images)

Le différend entre les géants français et allemand de l’aéronautique continue d’alimenter les doutes autour du SCAF, un projet censé donner naissance au prochain avion de chasse européen. Les deux principaux contractants — Dassault Aviation pour la France et Airbus Defence pour l’Allemagne — affichent publiquement leurs désaccords sur la répartition du travail pour la partie « porteur » du projet.

La ministre Catherine Vautrin a commenté la dispute mardi, déclarant dans une interview accordée à Europe 1 qu’« il n’y a pas aujourd’hui en Allemagne de capacité à fabriquer un avion ».

« Vous m’accorderez qu’on ne construit pas un avion du jour au lendemain », a-t-elle continué, avant d’ajouter que cela demande « un peu de savoir-faire ».

Interrogée pour savoir si Dassault allait être écarté par l’Allemagne, elle a déclaré « on n’en est pas là ». Elle a ensuite insisté sur le fait qu’« aujourd’hui, celui qui est la référence en matière de construction, c’est évidemment Dassault ».

La ministre n’a toutefois pas voulu promettre qu’une sortie du géant français du projet pouvait être totalement exclue.

Ces propos, interprétés comme une mise en cause directe des capacités industrielles allemandes, interviennent après les déclarations de Thomas Pretzl, président du comité d’entreprise d’Airbus Defence, qui a affirmé la semaine dernière préférer développer le chasseur sans la société française Dassault.

Avant cela, l’entreprise française avait elle aussi fait savoir qu’elle préférerait développer seule un chasseur de nouvelle génération plutôt que de continuer à travailler avec Airbus.

Au cœur du différend : la question du leadership industriel. Dassault revendique un rôle prépondérant dans la conception du futur avion, tandis qu’Airbus souhaite de son côté avoir son mot à dire dans la prise de décision.

Les ministres de la Défense des trois pays partenaires impliqués dans le SCAF — Allemagne, France, Espagne — devaient se réunir à Berlin en octobre pour définir la marche à suivre. Cette réunion a été reportée en raison des remaniements successifs du gouvernement français.

Catherine Vautrin se rendra vendredi 14 novembre à Berlin pour la réunion du Groupe des 5 (E5), où elle discutera du soutien à l’Ukraine et de la sécurité en Europe avec ses homologues allemand, britannique, italien et polonais. Le projet d’avion de combat pourrait être discuté entre les représentants français et allemand.