Séisme en Haïti. Le bilan provisoire passe à plus de 1 300 morts et 5 700 blessés
Le puissant séisme a fait plus de 1 300 morts et 5 700 blessés, laissant des milliers de personnes sans abri dans le sud-ouest du pays ou à la recherche de proches disparus ou bloqués sous les décombres.
Le puissant séisme en Haïti samedi a fait plus de 1 300 morts et 5 700 blessés, laissant des milliers de personnes sans abri dans le sud-ouest du pays ou à la recherche de proches disparus ou bloqués sous les décombres. Un article de notre partenaire Ouest-France.
Le séisme du samedi 14 août en Haïti a coûté la vie à au moins 1 297 personnes, selon le dernier décompte des services de protection civile du pays. Au moins 5 700 personnes ont été blessées.
Le bilan était de 304 morts et 1 800 blessés samedi et de 724 morts dimanche.
L’épicentre du séisme se situait à environ 150 km à l’ouest de la capitale Port-au-Prince. Tout en subissant des répliques du tremblement de terre de magnitude 7,2, habitants et secours se sont affairés dimanche avec des moyens limités pour retrouver des survivants.
Nombre d’engins lourds, camions et tractopelles ont déplacé des dalles de béton des bâtiments effondrés dans la ville des Cayes près de l’épicentre du séisme, à quelque 160 km de la capitale haïtienne Port-au-Prince, a constaté l’AFP.
Probablement moins de morts qu’en 2010
Le 12 janvier 2010, un séisme d’une magnitude de 7 avait fait 200 000 morts et d’énormes dégâts matériels en Haïti. Le séisme de samedi s’est produit loin de la capitale, laissant espérer un bilan beaucoup moins lourd.
Le pape François a exprimé dimanche sa « solidarité » avec la population en Haïti, disant « espérer que la communauté internationale s’implique en leur faveur ».
De nombreux pays, notamment les États-Unis, la République dominicaine, le Mexique, ou encore l’Équateur ont d’ores et déjà offert leur assistance avec l’envoi de personnel, de rations d’urgence et d’équipements médicaux.
Le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, a proclamé l’état d’urgence pour une période d’un mois dans les quatre départements affectés par la catastrophe, a ainsi remercié dimanche la communauté internationale.
« Nous voulons donner une réponse plus adaptée qu’en 2010 après le tremblement de terre. Toutes les aides venant de l’extérieur doivent être coordonnées par la direction de la Protection civile », a exigé le chef du gouvernement, tout en appelant ses concitoyens à « l’unité nationale ». « Oublions nos querelles », a plaidé M. Henry.
Recherches frénétiques dans les décombres du séisme
De la maison de deux étages de Marcel François aux Cayes, il ne reste que des ruines.
« C’est une grâce de Dieu et aussi grâce à mon téléphone que je suis vivant car j’ai pu dire aux gens dehors où j’étais localisé », raconte à l’AFP l’homme de 30 ans.
Son petit frère Job, aidé de voisins, a passé plus de trois heures à le sortir des gravats, sans rien d’autre que la force de leur bras.
« J’étais dans le bus pour aller au travail quand le séisme s’est produit. J’ai réussi à joindre Marcel au téléphone mais il m’a dit “viens me sauver, je suis sous le béton”», témoigne Job François.
Blessé à la tête, une fois tiré des parpaings et des meubles brisés, Marcel François a immédiatement été transporté à l’hôpital, en état de choc car sans nouvelles de sa fille de 10 mois, encore piégée dans les ruines.
« J’ai pensé que mon enfant était morte. Je pleurais quand je suis arrivée à l’hôpital, j’étais résigné », confie le trentenaire avec émotion.
Grâce à l’action conjointe des habitants et de son oncle, la petite Ruth Marlee Alliyah François a été sortie de la maison, quatre heures après le séisme.
Marcel et Job François attendent dimanche matin l’aide des équipes professionnelles car ils veulent retirer des gravats le corps sans vie de leur locataire, une jeune femme de 27 ans qui vivait au rez-de-chaussée de la résidence, décédée dans les minutes qui ont suivi le tremblement de terre.
Une tempête tropicale approche
Les efforts des secours pour aider les victimes pourraient cependant être entravés à l’approche de la tempête tropicale Grace, avec un risque de pluies torrentielles et d’inondations rapides, selon le service national météorologique des États-Unis.
Du personnel et des médicaments ont déjà été acheminés par le ministère de la Santé vers la péninsule sud-ouest mais la logistique d’urgence est aussi mise en péril par l’insécurité qui mine Haïti depuis des mois.
Sur un peu plus de deux kilomètres, l’unique route reliant la capitale à la moitié sud du pays traverse le quartier pauvre de Martissant sous contrôle des gangs armés depuis début juin, empêchant la libre circulation.
Les rares hôpitaux existant dans les régions affectées peinent à fournir les soins d’urgence.