Semi-conducteurs : la France va accueillir une nouvelle « mega-fab »

Un nouveau site de production de semi-conducteurs devrait voir le jour sur le sol français, alors que le monde fait face à une pénurie de ces composants électroniques critiques et que l’Europe essaie de s’imposer sur le marché.

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Cette unité de fabrication, située à proximité de l'usine déjà existante de STMicroelectronics à Crolles, près de Grenoble, devrait atteindre sa pleine capacité d'ici à 2026 et permettre de produire jusqu'à 620 000 plaques par an.  [Macro photo/Shutterstock]

Un nouveau site de production de semi-conducteurs devrait voir le jour sur le sol français, alors que le monde fait face à une pénurie de ces composants électroniques critiques et que l’Europe essaie de s’imposer sur le marché.

C’est officiel. Le français STMicroelectronics et l’américain GlobalFoundries ont annoncé lundi (11 juillet) la création d’une nouvelle usine en France, spécialisée dans les semi-conducteurs en 300 mm et notamment basés sur la technologie FD-SOI — Fully Depleted Silicon On Insulator, censée allier haute performance et économie d’énergie.

Elle devrait également permettre de prendre en charge toute une gamme de puces électroniques, jusqu’à celle mesurant 18 nm, composants critiques dans l’automobile et dans l’IoT par exemple.

« Nous avons pour objectif de faire de cette nouvelle usine un leader de la fabrication durable de semi-conducteurs. La nouvelle usine est conçue pour être 10 à 20 fois moins émettrice de gaz à effet de serre que les projets similaires en Europe et dans le reste du monde », a déclaré Jean-Marc Chery, PDG de STMicroelectronics.

Cette unité de fabrication, située à proximité de l’usine déjà existante de STMicroelectronics à Crolles, près de Grenoble, devrait atteindre sa pleine capacité d’ici à 2026 et permettre de produire jusqu’à 620 000 nouvelles plaques par an — tandis que le site actuel en génère 550 000 chaque année.

La nouvelle usine devrait générer environ 1 000 emplois sur le site de Crolles.

Cette annonce s’inscrit plus largement dans la volonté de l’UE de rattraper son retard en la matière et de faire passer la part du continent dans le marché mondial des micropuces de 10 à 20 % d’ici à 2030.

Pour ce faire, la Commission européenne a présenté en février dernier un projet de règlement sur les semi-conducteurs, le « Chips Act », reposant sur trois piliers : le renforcement à grande échelle des capacités de production et de l’innovation dans les puces de pointe, un nouveau cadre pour attirer les investissements et assurer la sécurité de l’approvisionnement et un mécanisme de coordination entre les États membres et la Commission pour surveiller l’évolution du marché et anticiper les crises.

« Il y a une dynamique d’investissement sur laquelle la France et l’Europe doit se positionner », a indiqué la présidence française aux journalistes alors que se tient actuellement « Choose France », traditionnel sommet sur l’attractivité du pays.

En tout, ce sont 16 milliards d’investissements publics et privés sur lesquels table Paris dans le domaine de l’électronique, avec l’objectif de doubler la capacité de production du pays en composants critiques.

Investissements « significatifs » de la France

La nouvelle usine de semi-conducteurs près de Grenoble a nécessité 5,7 milliards d’euros d’investissements.

« Sans la participation française, ces investissements seraient très difficiles à réaliser », a déclaré le PDG de GlobalFoundries, Tom Caulfield, lors d’une conférence de presse, se refusant à communiquer le montant « significatif » injecté par Paris.

L’Élysée a également refusé de commenter le détail des investissements. Si, « à ce stade », l’effort français s’inscrit dans l’enveloppe dotée de 30 milliards sur cinq ans prévue dans le cadre de « France 2030 », des investissements européens grâce au Chips Act encore en discussion ne sont pas exclus, précise la présidence.

Le président Emmanuel Macron doit se rendre mardi sur le site de Crolles pour marquer le lancement de ce nouveau projet et présenter sa feuille de route dans le domaine de la recherche, censée permettre d’accélérer la miniaturisation de nouveaux composants.