Service de paiements : la nouvelle directive pourrait desservir les consommateurs français
Selon le chercheur espagnol Gustavo Matias Clavero, la mise à jour de la directive sur les services de paiements (PSDII) n'aura pas les effets de simplification escomptés.
Selon le chercheur espagnol Gustavo Matias Clavero, la mise à jour de la directive sur les services de paiements (PSDII) n’aura pas les effets de simplification escomptés.
La mise à jour de la directive des services de paiements (PSD II) et la proposition sur les commissions d’interchange bancaire (frais lors d’un paiement par carte) sont des outils nécessaires à la création marché européen unique des paiements (SEPA), estime la Commission européenne.
Dans une interview accordée à EURACTIV Bruxelles, l’économiste, chercheur à l’Université de Madrid, Gustavo Matias Clavero, doute cependant que les 28 Etats membres réussissent à faire converger leurs systèmes, conformément aux voeux de l’exécutif européen. Ces nouvelles règles entraîneront non pas une convergence et une simplification des systèmes, mais bien un marché encore plus verrouillé et complexe qu’il ne l’est aujourd’hui, estime-t-il.
Augmentation des coûts
Pour M. Clavero, les commissions d’interchange bancaire ont pour effet pervers « de s’attaquer aux plus petits salaires, car elles entraînent une augmentation des coûts ». Les consommateurs et particulièrement les Français paieront des frais plus élevés sur leurs cartes de crédit.
Des commissions trop chères auront « pour conséquence de détourner l’utilisateur du moyen de paiement le plus efficace pour l’orienter vers les espèces, ce qui sera plus dangereux et plus cher pour l’ensemble de la société », estime Jérôme Raguénès de la Fédération bancaire française, dans un article publié par la Revue-Banque en avril 2013.
Frein à l’innovation
« Le problème de la Commission est qu’elle écoute uniquement l’avis des opérateurs des services de paiements, et n’a pas réfléchi aux conséquences sur les consommateurs », indique M. Clavero qui reste également sceptique sur les nouvelles règles de transparence sur le marché. Elles sont, selon lui, encore trop obscures pour permettre l’entrée de nouveaux opérateurs et doper l’innovation.
Enfin, le chercheur demeure critique sur le bilan du Conseil européen des paiements qui n’a pas réussi à « supprimer les barrières et limitations à l’intérieur de l’eurozone pour créer un espace standardisé des paiements et des transactions monétaires électroniques ».