Slovaquie : le candidat au poste de ministre de l’Environnement nie l'existence du changement climatique

Un nouveau nom vient de s'ajouter à la liste des potentiels ministres slovaques : Rudolf Huliak, nommé par le Parti national slovaque d'extrême droite, pour le poste de ministre de l'Environnement. Or, M. Huliak nie toute réalité du changement climatique.

EURACTIV Slovaquie
Bratislava,,Slovakia,-,May,31,,2022:,Ministry,Of,The,Environment
M. Huliak, à la tête du ministère de l’Environnement, enverrait un message clair à l'Europe que la Slovaquie se soucie peu de la question climatique, au risque d'enfreindre les règles européennes. [[Shutterstock/Robson90]]

Un nouveau nom vient de s’ajouter à la liste des potentiels ministres slovaques : Rudolf Huliak, nommé par le Parti national slovaque d’extrême droite, pour le poste de ministre de l’Environnement. Or, M. Huliak nie toute réalité du changement climatique, persuadé que le concept a été inventé pour voler… les voitures d’honnêtes citoyens.

M. Huliak s’était déjà distingué en critiquant les « écoterroristes de Bruxelles », appelant à ce que les activistes pro-environnement soient pendus.

« Cette nomination est absurde et dangereuse », a commenté l’eurodéputé slovaque progressiste Michal Wiezik (Renew).

M. Huliak, à la tête du ministère de l’Environnement, enverrait un message clair à l’Europe que la Slovaquie se soucie peu de la question climatique, au risque d’enfreindre les règles européennes, a souligné M. Wiezik.

Une pétition en ligne contre la nomination de M. Huliak a déjà recueilli près de 40 000 signatures. Le candidat au poste de ministre a lui-même lancé une contre-pétition en sa faveur, qui n’a recueilli que 10 000 signatures.

M. Huliak est un habitué des médias de désinformation slovaques. Sur les réseaux sociaux, il s’en prend souvent à sa bête noire qu’est la communauté LGBTQ+, ce qui lui a valu d’être auditionné par l’Agence nationale de lutte contre la criminalité lundi (16 octobre).

Un autre pilier des médias alternatifs, Martina Šimkovičová, a été nommée par les nationalistes au poste de ministre de la Culture, ce qui la mettrait en charge de la législation relative les médias, y compris la gestoin de la proposition de loi européenne sur la liberté des médias.

Mme Šimkovičová est une ancienne présentatrice de journaux télévisés qui a été renvoyée de la plus grande chaîne de télévision slovaque, TV Markíza, pour avoir tenu des propos racistes à l’encontre des migrants pendant la crise de 2015. Elle travaille aujourd’hui pour la chaîne internet TV Slovan, considérée par de nombreuses ONG comme un site de nature conspirationniste.

La présidente slovaque Zuzana Čaputová a reçu les nominations et a déclaré qu’elle les examinerait toutes. Il existe un précédent de refus par un président slovaque d’accepter une nomination ministérielle, mais les juristes constitutionnels estiment que la base de ce pouvoir n’est pas claire.

Par le passé, Mme Čaputová a déclaré qu’elle s’opposerait à la nomination d’une personne accusée d’un crime au poste de ministre de l’Intérieur, mais elle a ajouté que la nomination de personnes incompétentes était « l’affaire du futur Premier ministre ».