Slovaquie : les démocrates-chrétiens s’opposent à la réforme constitutionnelle de Robert Fico
Bien qu'idéologiquement d'accord, le Mouvement chrétien-démocrate (KDH) d'opposition refuse de soutenir le gouvernement dans son projet de modifier la constitution afin de réduire les droits de la communauté LGBTQIA+ et d'établir la primauté du droit slovaque sur le droit de l'UE.
BRATISLAVA — Bien qu’idéologiquement d’accord, le Mouvement chrétien-démocrate (KDH), parti d’opposition, refuse de soutenir le gouvernement dans son projet de modifier la constitution afin de réduire les droits de la communauté LGBTQIA+ et d’établir la primauté du droit slovaque sur le droit de l’Union européenne.
La semaine dernière, Robert Fico a annoncé une proposition visant à modifier la constitution afin de consacrer l’existence de deux genres seulement et d’interdire l’adoption par des couples de personnes du même sexe — deux notions qui, selon lui, devraient être davantage protégées par l’introduction d’une règle selon laquelle les règlements de l’UE ne doivent plus avoir la priorité sur la constitution slovaque.
Le KDH prévoit de soumettre une proposition d’amendement constitutionnel similaire en mars. Le président du parti Milan Majerský estime que le Premier ministre « veut changer la constitution maintenant qu’il est à bout de nerfs parce qu’il ne peut pas garantir 76 votes. C’est un faux jeu de [sa] part ». En effet, sans les votes du KDH, il est impossible d’atteindre le seuil nécessaire pour modifier la constitution, qui est fixé à 90 voix.
Si les partenaires de la coalition, le SMER — Social-démocratie, le HLAS — Social-démocratie ou le Parti national slovaque (SNS) sont convaincus qu’ils sont soudainement des partis conservateurs, ils devraient voter pour la proposition du KDH, selon Milan Majerský.
Au cours du week-end, Robert Fico a déclaré qu’il prévoyait de discuter de cette question avec le président du KDH lors de la table ronde des partis politiques représentés au parlement, qui sera organisée par le président Peter Pellegrini. Le thème principal de la réunion sera l’orientation de la politique étrangère de la Slovaquie. Contrairement au Mouvement démocrate-chrétien, deux autres partis d’opposition — Slovaquie progressiste (PS) et Liberté et solidarité (SaS) — ont refusé d’y participer.
Le deuxième volet des amendements, sur la primauté du droit slovaque par rapport aux législations européennes, est le plus problématique du point de vue de l’UE.
« Une chose est claire. La primauté du droit européen a été fermement établie par la jurisprudence de la Cour de justice de l’UE et n’est pas négociable », a réagi Michael McGrath, commissaire européen chargé de la Démocratie, de la Justice et de l’État de droit, lors d’une conférence de presse organisée à la suite de la réunion du Conseil des Affaires générales la semaine dernière, en réponse à une question d’Euronews.
Le projet de modification de la constitution intervient à un moment où la coalition au pouvoir lutte pour conserver sa majorité au parlement. Les représentants des partis de la coalition ont cherché à minimiser ces inquiétudes lors des débats politiques télévisés du week-end, affirmant qu’ils ont suffisamment de députés loyaux, bien que leur nombre — celui qu’ils considèrent comme acquis — varie.
(AM)