Slovaquie : les partenaires sociaux concluent un accord historique sur l'augmentation du salaire minimum
Les syndicats et les employeurs slovaques se sont mis d’accord sur une augmentation de 8 % du salaire minimum mensuel, de 646 à 700 euros, ce qui constitue une première historique dans le pays.
Les syndicats et les employeurs slovaques se sont mis d’accord sur une augmentation de 8 % du salaire minimum mensuel, de 646 à 700 euros, ce qui constitue une première historique dans le pays.
Cette mesure ne représente cependant qu’un faible soulagement pour les salariés les plus pauvres, car elle ne compensera pas entièrement la hausse des prix, alors que l’inflation atteignait 12,6 % en mai en glissement annuel.
En Slovaquie, les augmentations du salaire minimum peuvent être déterminées par les partenaires sociaux. Les syndicats et les employeurs n’ayant toutefois pas réussi jusqu’à présent à surmonter leurs divergences, le gouvernement s’est chargé de fixer le salaire minimum obligatoire. Ainsi, depuis 2019, en l’absence d’accord, le salaire minimum est fixé à 57 % du salaire moyen des deux années précédentes.
Cet accord historique pourrait donc marquer un changement de tactique de la part des syndicats.
La Confédération des syndicats a signé en 2010 un accord de coopération avec le parti social-démocrate Smer-SD et s’est appuyée sur leur soutien politique dans les négociations salariales.
Mais les dirigeants syndicaux élus en juin ont indiqué qu’ils voulaient mettre fin à cet accord.
L’objectif officiel déclaré est de « dépolitiser » les syndicats, mais officieusement, l’alliance avec Smer-SD est devenue politiquement toxique. Plusieurs représentants importants du parti, dont son président Robert Fico, font l’objet d’une enquête et sont confrontés à des accusations de corruption. De plus, le parti a progressé vers l’extrême droite et coopère avec le parti extrémiste Republika.
L’accord historique est une victoire politique importante pour la nouvelle direction des syndicats.
Le salaire minimum slovaque est théoriquement comparable à celui d’autres pays d’Europe centrale et orientale, tels que la Pologne, l’Estonie, la République tchèque et la Croatie. Toutefois, selon les normes de parité d’achat, il est le troisième plus bas parmi les 21 pays de l’UE dotés d’un salaire minimum obligatoire.