Slovaquie : l’homme qui a tenté d’assasiner Robert Fico condamné à 21 ans de prison

L’homme qui a tenté d’assassiner le Premier ministre slovaque en mai dernier a été condamné lundi 20 octobre à 21 ans de prison après que la Cour pénale spécialisée ait considéré qu’il s’agissait d’un acte terroriste.

EURACTIV Slovaquie
Slovakia’s PM Fico Pledges To Block Ukraine’s NATO Bid While In Office
Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, également président du SMER – social-démocratie. [Getty Images/Sergii Kharchenko_NurPhoto]

BRATISLAVA — Les juges ont rejeté l’argument de la défense selon lequel Juraj Cintula, 72 ans, cherchait seulement à « effrayer » Robert Fico, concluant que son objectif était « la chute du gouvernement » et non une vengeance personnelle. Les procureurs avaient requis la prison à perpétuité, mais la cour a accordé une réduction extraordinaire en raison de l’âge du prévenu et de sa coopération durant le procès.

Alors qu’il était escorté hors de la salle d’audience, l’accusé a qualifié le verdict d’« injuste ».
Robert Fico n’a quant à lui pas commenté la décision. Il avait toutefois précédemment déclaré avoir pardonné au tireur, mais avait accusé « la haine répandue par l’opposition politique » d’avoir conduit à une telle attaque — une accusation fermement rejetée par les dirigeants de l’opposition.

Le ministre de l’Intérieur, Matúš Šutaj Eštok, chef du parti HLAS-SD, partenaire de la coalition de Robert Fico, a été le premier à réagir publiquement au verdict. « Justice a été rendue », a-t-il déclaré, ajoutant que Juraj Cintula n’a « pas seulement attaqué le Premier ministre, mais tous les citoyens qui avaient librement choisi leur gouvernement ».

Les analystes politiques et les psychiatres notent que cet incident a profondément affecté le discours de Robert Fico. Depuis qu’il a survécu à l’attaque, le Premier ministre a de plus en plus présenté ses politiques comme s’inscrivant dans le cadre d’une lutte plus large contre ses adversaires politiques et les médias — un changement que certains qualifient de virage vers une « politique de vengeance ».