Les entreprises soutiennent les sanctions contre la Russie, selon le responsable d’une fédération de PME

Même si l’invasion russe en Ukraine et les sanctions ultérieures de l’Occident portent atteinte aux entreprises de l’UE, le président de SMEUnited, Petri Salminen, a déclaré à EURACTIV que les entreprises soutenaient les sanctions de l’UE contre la Russie.

EURACTIV.com
epa09807687 Russian people walk past the windows of a closed Dior shop in Moscow, Russia, 07 March 2022. As the result of sanctions imposed by the West on Russia, a number of brands such as Louis Vuitton, Chanel, Prada, Gucci, Apple, Master Card Visa and others, have announced the suspension or limitation of their business in Russia. Russian troops entered Ukraine on 24 February 2022, prompting a series of severe economic sanctions imposed by Western countries on Russia.  EPA-EFE/YURI KOCHETKOV
Des Russes passant devant les vitrines d’une boutique Dior fermée à Moscou, en Russie, le 7 mars 2022. [Yuri Kochetkov (EPA-EFE)]

Même si l’invasion russe en Ukraine et les sanctions ultérieures de l’Occident portent atteinte aux entreprises de l’UE, le président de l’association européenne des PME, SMEUnited, Petri Salminen, a déclaré à EURACTIV que les entreprises soutenaient les sanctions de l’UE contre la Russie.

M. Salminen choisit ses mots avec soin, conscient de la corde raide sur laquelle il marche lorsqu’il tente de sensibiliser les entreprises à l’augmentation des coûts et des risques auxquels elles sont confrontées tout en soulignant que les entreprises soutiennent entièrement la réponse de l’UE à l’agression russe.

« En tant qu’entrepreneurs, nous comprenons tous pourquoi ces sanctions sont imposées », a-t-il déclaré à EURACTIV.

« Nous sommes conscients que cela va coûter quelque chose et que nous allons en prendre un coup. Néanmoins, nous acceptons et soutenons les sanctions. Plus vite cette guerre en Ukraine sera terminée, plus vite nous verrons un sol ferme sous nos pieds », a déclaré M. Salminen.

Le soutien apparent des PME aux sanctions fait écho au sentiment affiché par les nombreuses entreprises occidentales qui ont annoncé leur retrait du marché russe.

Prix de l’énergie et des matières premières

Selon M. Salminen, le principal problème du point de vue des entreprises est la hausse des prix de l’énergie et des matières premières en général, précisant que l’entreprise de fabrication de métaux dont il est copropriétaire doit faire face à une augmentation de 40 % des prix de l’aluminium.

En réponse à l’invasion russe, les prix du gaz et du pétrole ont grimpé en flèche, les marchés craignant que les exportations énergétiques russes ne soient bientôt l’un des dommages collatéraux de cette guerre.

Mardi (8 mars), le président américain Joe Biden a annoncé que les États-Unis allaient interdire les importations de pétrole en provenance de Russie. L’UE n’a pas encore emboîté le pas à son allié américain, bien que certains pays plaident en faveur de cette mesure.

M. Salminen n’a pas voulu s’avancer sur la question d’un éventuel boycott total du pétrole et du gaz russes. Il a toutefois assuré que les entreprises accepteraient également cette mesure.

« Si des pays décident d’interdire le gaz et le pétrole en provenance de Russie, c’est quelque chose que nous acceptons, et nous devons trouver des mesures pour minimiser les effets sur les entrepreneurs et les entreprises en Europe », a-t-il déclaré.

« Il devrait y avoir des éléments d’allègement, comme des subventions, mais nous encourageons également l’évaluation de tous les processus de réglementation afin de déterminer s’ils sont vraiment nécessaires à l’heure actuelle », a-t-il ajouté, estimant que l’UE devrait autoriser davantage d’aides d’État de la part des États membres.

L’effet démesuré de la guerre russe contre l’Ukraine sur les prix de l’énergie et des matières premières contraste avec l’impact économique de la crise déclenchée par la pandémie de Covid-19.

Alors que la pandémie de Covid a principalement touché le secteur des services, les augmentations de prix ont frappé assez lourdement l’industrie manufacturière, a expliqué M. Salminen.

« Une certaine solidarité pourrait être nécessaire »

Certains secteurs et régions doivent toutefois faire face à une double peine. « En Finlande, nous avons beaucoup de touristes en provenance de Russie », a expliqué M. Salminen, précisant que l’industrie du tourisme a d’abord été touchée par la pandémie, puis par les sanctions contre la Russie.

Les régions et les États membres étant touchés différemment, certains estiment qu’un mécanisme similaire devrait être mis en place pour indemniser ceux qui sont touchés de manière disproportionnée par la crise.

M. Salminen a averti qu’avant de décider d’un tel mécanisme compensatoire, il faudrait analyser les effets de la guerre et des sanctions sur l’économie, mais il a également estimé que les deux environnements économiques étaient comparables.

« Je pense qu’une certaine solidarité pourrait être nécessaire dans cette crise, comme elle l’a été pendant la pandémie de Covid-19 », a-t-il déclaré.