Sommet UE-Etats-Unis : l’intrigue du radar tchèque gronde [FR]

Les observateurs espèrent largement que le président américain Barack Obama éclaircisse ses intentions quant au projet d’installation d’un radar militaire sur le territoire tchèque, lors d’un sommet UE-Etats-Unis qui aura lieu ce week-end à Prague. Mais des analystes ont déclaré à EURACTIV qu’une décision sur ce projet ne sera probablement pas prise à ce sujet, que les responsables politiques tchèques ont rattaché à la ratification du traité de Lisbonne.

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Les observateurs espèrent largement que le président américain Barack Obama éclaircisse ses intentions quant au projet d’installation d’un radar militaire sur le territoire tchèque, lors d’un sommet UE-Etats-Unis qui aura lieu ce week-end à Prague. Mais des analystes ont déclaré à EURACTIV qu’une décision sur ce projet ne sera probablement pas prise à ce sujet, que les responsables politiques tchèques ont rattaché à la ratification du traité de Lisbonne.

La tension monte dans la capitale tchèque avant le discours de M. Obama au château de Prague, ce dimanche (5 avril). Nombreux sont ceux qui s’attendent à l’annonce d’une décision, que ce soit dans le sens de la continuation, soit dans le sens de sa suspension, du projet controversé de bouclier antimissile. 

Des milliers d’opposants à la base radar américaine se préparent à une marche à travers Prague lors de la visite de M. Obama, en dépit du fait que de telles manifestations ont été proscrites par les autorités praguoises, pour raisons de sécurité. Les organisateurs de la manifestation ‘Ne základnám’ (« pas de base radar ») ont prévu de marcher depuis la place Venceslas via les rues Mezibranská et Sokolská, le pont de Nusle, pour finir sur la place Hrdinu.

La mairie a proposé un itinéraire différent aux organisateurs, qui l’ont rejeté. 

Simultanément, les associations tchèques ont écrit un courrier à M. Obama, lui demandant de prendre en considération l’opinion des Tchèques avant de prendre une décision relative à l’extension du bouclier antimissile américain à l’Europe centrale. On peut y lire que 70 % des citoyens tchèques sont depuis longtemps contre la construction de la base sur le territoire tchèque. 

Toutefois, des analystes tchèques ont déclaré à EURACTIV qu’il était fortement improbable que M. Obama fasse une annonce lors de sa visite à Prague. Tomáš Weiss, du think tank Europeum, a indiqué qu’il distinguait au moins deux raisons pour lesquelles aucune annonce ne devrait être attendue. 

Il a déclaré qu’il ne croyait pas que la nouvelle administration américaine avait déjà décidé de la manière de procéder quant au système anti-balistique en Pologne et au radar en République tchèque. De plus, il a expliqué que les Etats-Unis ne subissaient aucune contrainte en terme de temps : il faudra attendre encore quelques années, probablement 2015, avant que l’Iran ne puisse produire des armes nucléaires, ce qui laisse suffisamment de temps pour construire le système avant que la menace se matérialise. 

Il a également indiqué que le système de missile anti-balistique en Europe centrale était considéré par l’administration Obama comme un atout dans le contexte plus large de ses relations avec la Russie. 

Toutefois, il continue de penser que le projet verra finalement le jour. Il a précisé qu’il ne pensait pas que l’administration abandonnera le projet, dans la mesure où personne ne s’attend vraiment à ce que les Iraniens abandonnent leur projet de bombe nucléaire. 

M. Weiss a déclaré qu’il ne pensait pas qu’aucun des hôtes tchèques osera aborder la question du radar avec leurs invités américains. Il a indiqué qu’il pensait que les responsables politiques tchèques comprennent très bien la situation, c’est-à-dire le fait que Washington n’a encore rien décidé.