Steak vs tofu : les eurodéputés veulent dépasser le clivage sur les protéines

Les eurodéputés Verts et de droite ont uni leurs voix pour demander à l’Union européenne (UE) de dépasser le clivage entre protéines animales et végétales.

EURACTIV.com
Types of food allergies
Divers types d'aliments auxquels les gens peuvent être allergiques photographiés à Washington, DC, le 3 août 2018. [Greg Powers pour le Washington Post via Getty Images]

Les eurodéputés Verts et de droite ont uni leurs voix pour demander à l’Union européenne (UE) de dépasser le clivage entre protéines animales et végétales.

Lors d’un événement organisé au Parlement mercredi, une « coalition inhabituelle », comme l’a qualifiée l’organisateur Marin Vandamme de la School of Moral Ambition (École de l’ambition morale), s’est formée pour défendre la diversification des protéines. Le but ? Exhorter la Commission européenne à légiférer sur ce dossier.

Alors que l’institution européenne avait prévu de dévoiler une stratégie sur les protéines d’ici 2024, le projet est toujours au point mort.

Actuellement, 66 % des farines d’oléagineux à haute teneur en protéines sont importées, selon un document de synthèse. Le texte enjoint donc la Commission à prendre des initiatives pour augmenter les sources de protéines dans l’UE.

Cet appel est soutenu par plus de 70 acteurs de la chaîne alimentaire, dont des organisations non gouvernementales (ONG) et des entreprises agroalimentaires telles que Nestlé, Danone et Oatly.

Surmonter la polarisation

Le Portugais Paulo do Nascimento Cabral, membre du Parti populaire européen (PPE), a appelé à mettre fin à la polarisation sur les choix alimentaires. Selon lui, les protéines végétales et animales ne devraient pas être opposées les unes aux autres.

Tout en notant que le bétail reste essentiel, il a déclaré qu’il était urgent d’augmenter la production de légumineuses et de soja pour réduire la forte dépendance de l’Europe à l’égard des importations.

« Les insectes peuvent également être une opportunité », a souligné l’eurodéputé. « J’essaierai d’essayer », a-t-il soutenu, révélant qu’il disposait de sacs de grillons et de vers dans son bureau.

Le groupe de droite est traditionnellement réticent à des changements de régime alimentaire en faveur d’une réduction de la consommation de viande. Cependant, Paulo do Nascimento Cabral a également assuré que le public pouvait « compter sur le PPE » pour avoir un « débat libre et ouvert » sur les protéines végétales et les nouvelles protéines.

Mais les tensions persistent.

Lorsque l’eurodéputée verte Anna Strolenberg a invité ses collègues à l’événement de mercredi, elle a reçu une réponse brutale : « Anna, toi et ton équipe, mangez une côte de bœuf et vous serez guéris ».

Végétarienne et accro au fromage, elle affirme que les protéines animales et végétales peuvent coexister, mais qu’il est essentiel de trouver le bon équilibre.

D’après elle, l’UE doit permettre aux protéines alternatives, telles que la fermentation de précision, de prospérer, plutôt que de les voir s’implanter « à Singapour et aux États-Unis ».

L’eurodéputée danoise de Renew, Sigrid Friis, a également soutenu l’idée d’équilibre. Elle plaide pour plus d’aliments d’origine végétale en raison de leur impact environnemental plus faible, tout en défendant la liberté des consommateurs.

« Je suis une libérale, je n’empêcherai personne de manger de la viande », a-t-elle défendu, affirmant que son objectif est de s’assurer que chacun ait le choix.

(AB/SN)