Stefan Füle veut mettre l’accent sur le critère politique de Copenhague
Dans un entretien accordé à EURACTIV.com, le commissaire à l’Elargissement a déclaré qu’à la lumière des adhésions précédentes, le critère politique aurait une place essentielle dans les futurs élargissements.
Dans un entretien accordé à EURACTIV.com, le commissaire à l’Elargissement a déclaré qu’à la lumière des adhésions précédentes, le critère politique aurait une place essentielle dans les futurs élargissements.
Répondant à une question sur la crise politique en Albanie, Stefan Füle a déclaré qu’il était « préoccupé par la stabilité des institutions démocratiques en Albanie et le manque de dialogue politique au Parlement ». En effet, l’opposition parlementaire socialiste boycotte le parlement depuis les élections législatives de juin 2009 et conteste la victoire du premier ministre sortant conservateur Sali Berisha. Un boycott qui pèsera dans l’avis que la Commission doit rendre prochainement sur l’acceptation de la candidature du pays à l’UE. La solution « est dans les mains des Albanais », a-t-il néanmoins déclaré.
C’est pourquoi Stefan Füle veut tirer « les leçons des élargissements précédents » et faire particulièrement attention au respect du critère politique de Copenhague, « du début du processus à sa toute fin. » Les institutions devront fonctionner correctement et « nous devons nous assurer que les pays ont non seulement la législation et les institutions, mais également une trace de la mise en œuvre » du critère.
Concernant la Croatie, le commissaire a été toutefois plus optimiste. « Je ne vois aucun problème ni aucun défi que la Croatie ne pourra relever avec l’aide de la Commission », a-t-il répondu sur la question du blocage actuel de l’ouverture du chapitre sur la concurrence. Il a par ailleurs ajouté que l’adhésion de la Croatie se ferait sans mécanisme de contrôle comme ce fut le cas lors de l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’UE en janvier 2007. Le mécanisme visait à guider les progrès de ces pays dans le domaine de l’application des lois.
Autre sujet brûlant, la Macédoine. Stefan Füle a annoncé qu’il espérait que le conflit avec le Grèce sur le nom de la Macédoine serait bientôt résolu. « Je vois une fenêtre d’opportunité entre maintenant et le Conseil européen de juin », a-t-il déclaré. Ce différend empêche la poursuite du processus d’adhésion, bloqué depuis 2005, date de l’acceptation de la candidature du pays.
Enfin, interrogé sur l’éventualité de l’arrêt du processus de négociations avec la Turquie à la fin de l’année en raison notamment du différend avec Chypre, le commissaire a rétorqué qu’il « avait confiance qu’une solution serait trouvée pour assurer la poursuite des négociations ». « Je crois fermement que continuer le processus d’adhésion est non seulement dans l’intérêt de la Turquie mais dans celui de l’Union européenne. », a-t-il ajouté.
S’il ne veut pas s’avancer sur le nombre de candidats qui auront intégré l’UE à la fin de son mandat en 2014, il espère cependant qu’« il ne sera plus fait référence à l’expression « fatigue de l’élargissement » et que « les citoyens percevront plus clairement les bénéfices de l’élargissement ».