Stratégie du donnant-donnant sur l’immigration entre Ankara et l’UE

S’ils souhaitent que la Turquie participe à la lutte contre l’immigration illégale, les Européens devront accepter d’assouplir les conditions d’entrée des Turcs dans l’UE.

EURACTIV.fr

S’ils souhaitent que la Turquie participe à la lutte contre l’immigration illégale, les Européens devront accepter d’assouplir les conditions d’entrée des Turcs dans l’UE.

En juin prochain, la Grèce sera de nouveau dans le viseur de Bruxelles, non pas pour contrôler l’état de ses dépenses publiques, mais pour évaluer sa politique migratoire, qu’il s’agisse de la prise en charge des demandeurs d’asile, ou du sort à réserver aux clandestins.

La situation géographique du pays l’expose à des flux importants  : en 2011, plus de 61000 migrants en situation irrégulière ont été repérés à la frontière gréco-turque. Sans un effort de la part d’Ankara, la Grèce a peu de chances de s’en sortir. Un accord de réadmission conclu avec Bruxelles amène les autorités turques à réadmettre sur leur territoire les migrants illégaux entrés dans l’UE via la Turquie. Mais le problème est qu’Ankara ne fera pas d’effort sans concession de la part des Européens  : les migrants seront récupérés seulement si les gouvernements lèvent la barrière des visas toujours en vigueur pour les citoyens turcs.

Réticence de l’Allemagne et de Chypre

Nous devrions être en mesure de lancer très rapidement un dialogue sur les facilités de visas, a déclaré le 2 avril la commissaire européenne en charge du dossier, Cécilia Malmström, dont les propos sont rapportés par l’AFP. La Grèce avance main dans la main avec la Commission sur ce sujet, sans parvenir à rallier tous les autres États.

La réunion des ministres européens de l’Intérieur, le 8 mars, avait abouti à des conclusions molles, où les dirigeants se contentaient de rappeler « la nécessité d’améliorer la coopération avec les pays tiers d’origine et de transit, notamment en ce qui concerne les politiques en matière de retour. La Turquie est en l’espèce l’un des principaux pays concernés », avaient-ils déclaré. L’Allemagne, comme Chypre, semblent réticentes à l’idée d’assouplir les conditions d’entrée des Turcs dans l’UE.

Le 11 mars, Nicolas Sarkozy s’était fendu d’une déclaration tapageuse lors de son discours de Villepinte, envisageant même une sortie unilatérale de la France de l’espace Schengen si les frontières extérieures de l’UE n’étaient pas mieux gardées. Un projet qui devrait animer la prochaine réunion des ministres de l’Intérieur, prévue les 26 et 27 avril à Luxembourg.