Theresa May revient à Bruxelles pour parler Brexit

Theresa May rencontrera jeudi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à Bruxelles ainsi que le président du Conseil européen, Donald Tusk, pour tenter de sauver l’accord de Brexit.

EURACTIV France avec l'AFP
Theresa May et Donald Tusk. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET / POOL]

Theresa May rencontrera jeudi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à Bruxelles ainsi que le président du Conseil européen, Donald Tusk, pour tenter de sauver l’accord de Brexit.

« Alors que la position de la Commission est claire, nous attendons de voir ce que la Première ministre a à nous dire », a déclaré le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, au cours du point de presse quotidien.

Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, sera présent à la rencontre avec M. Juncker, a précisé Bruxelles.

De son côté, le porte-parole de Mme May a affirmé qu’elle allait « informer le président de la Commission européenne des discussions qui se déroulent (au Royaume-Uni) et (voir) comment aller de l’avant », pendant son briefing quotidien avec les médias.

Il a ajouté que le chef du cabinet de la Première ministre, Gavin Barwell, s’était rendu à Bruxelles lundi pour discuter avec des responsables européens.

La question de la frontière irlandaise est le principal point de blocage entre Londres et l’UE.

La dirigeante britannique cherche à obtenir des modifications de la disposition du traité de retrait, appelée « filet de sécurité » (« backstop » en anglais), visant à éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord britannique et la République d’Irlande.

Mais à moins de deux mois du divorce, prévu pour le 29 mars, les responsables européens, dont M. Juncker, ont affirmé à maintes reprises que l’accord de retrait conclu en novembre entre l’UE et Mme May ne serait pas renégocié.

« Du côté de l’UE, personne n’envisage » de rouvrir les négociations sur le traité de retrait, a encore assuré lundi Martin Selmayr, le secrétaire général de la Commission, qui est considéré comme le bras droit de M. Juncker, après une rencontre avec une délégation de députés britanniques.

Interrogé sur le point de savoir si Mme May irait à Bruxelles avec de nouvelles propositions, son porte-parole a botté en touche mardi, déclarant qu’il ne voulait rien « anticiper ».

« J’ai conscience que la perspective de modifier le backstop et de rouvrir l’Accord de retrait crée de l’anxiété ici en Irlande du Nord et en Irlande, parce que c’est ici que les conséquences de ce sur quoi nous pourrons nous accorder se feront le plus sentir », a déclaré la Première ministre britannique à l’occasion d’un déplacement à Belfast mardi. « Je suis déterminée à travailler à une solution qui recueillera le plus large soutien des Nord-Irlandais », a-t-elle ajouté.

La veille de sa visite, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk s’entretiendront avec le chef du gouvernement irlandais Leo Varadkar.

Le « filet de sécurité » est une mesure activable en dernier recours. Elle prévoit que le Royaume-Uni resterait dans une union douanière avec l’UE, et l’Irlande du Nord dans le marché unique pour les biens, afin d’éviter des contrôles douaniers et règlementaires physiques, si aucune autre solution n’est trouvée au cours des négociations sur la future relation entre Londres et l’UE.

L’accord de retrait qui contient ce « backstop » a été approuvé en novembre par Theresa May et les dirigeants des 27 autres États membres de l’UE, puis massivement rejeté en janvier par les députés britanniques.