Timothy Geithner en Europe en amont du sommet européen

Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, est arrivé en Allemagne aujourd'hui (6 décembre). Il s'agit là d'une première étape dans son tour des leaders de la zone euro qui a pour objectif de les pousser à prendre des mesures pour blinder leur union monétaire et résoudre la crise de la dette.

EURACTIV.fr / Reuters
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Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, est arrivé en Allemagne aujourd'hui (6 décembre). Il s'agit là d'une première étape dans son tour des leaders de la zone euro qui a pour objectif de les pousser à prendre des mesures pour blinder leur union monétaire et résoudre la crise de la dette.

M. Geithner rencontrera d'abord le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, puis le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble.

Mercredi, à Paris, il rencontrera le président français, Nicolas Sarkozy, et son ministre des finances, François Baroin.

M. Geithner devrait également pousser les nouveaux dirigeants espagnol, Mariano Rajoy, et italien, Mario Monti, a prendre des mesures pour convaincre les marchés qu'aucun pays de la zone euro ne fera faillite et que les banques de la région resteront solvables.

Il y a une semaine, la Réserve fédérale américaine s'est jointe à la Banque centrale européenne, entre autres, pour soulager les établissements bancaires européens, qui ont beaucoup de mal à obtenir des financements en dollars.  Le président américain, Barack Obama, et M. Geithner ont envisagé la possibilité que la BCE soutienne les gouvernements et le système bancaire européens, une idée considérée par de nombreux économistes comme la clé d'une solution globale à la crise, mais à laquelle l'Allemagne reste farouchement opposée.

« Le destin des Européens est entre leurs mains, mais le problème, c'est que leur destin est notre destin », a expliqué Edwin Truman, ancien conseiller de M. Geithner au Trésor, actuellement au Peterson Institute for International Economics à Washington.

« Il est clair que leur inaction au cours des deux dernières années a affecté l'économie des Etats-Unis, et du monde entier. On ne peut pas dire cela trop fort », a déclaré M. Truman.

La BCE sous pression

Le secrétaire au Trésor a entamé son voyage en rendant visite à M. Draghi. Il s'est refusé à tout commentaire en quittant la BCE, où il a passé plus d'une heure et demie, avant de se rendre chez le président de la Bundesbank, Jens Weidmann.

M. Geithner a plaidé pour un renforcement du fonds de sauvetage européen via la BCE. Cette dernière reste toutefois opposée à cette éventualité.

Alors que les deux nouveaux premiers ministres italien et espagnol présentent des réformes, les analystes se demandent si l'intégration budgétaire renforcée proposée par M. Sarkozy et Mme Merkel permettra à la BCE d'intervenir en achetant des obligations souveraines de la zone euro.

De nombreux fonctionnaires européens considèrent les prêts bilatéraux au FMI de la part des Etats riches de la zone euro et des principales économies émergentes, comme la Chine et le Brésil, comme une manière d'augmenter la capacité du fonds afin qu'il puisse renflouer des économies plus importantes, telles que l'Italie ou l'Espagne.

Deuxième ligne de défense

Le Trésor américain soutient que les ressources du FMI sont suffisantes, mais il semblerait à présent ouvert à l'idée des prêts bilatéraux, notamment en provenance du vieux continent.

Le secrétaire au Trésor a affirmé que pour les Etats-Unis, il n'était apparemment pas nécessaire de tenter d'augmenter les ressources du FMI avec ses propres fonds et que son pays considérait toujours le FMI comme une seconde ligne de défense. Il a toutefois ajouté que des prêts accordés par des banques centrales européennes pourraient contribuer à satisfaire les demandes pour que la région utilise davantage son propre argent pour enrayer la crise.

M. Geithner pourrait donc accepter de ne pas bloquer une telle initiative visant à augmenter les ressources du FMI s'il était satisfait des mesures prises par les leaders européens. Etant le plus grand contributeur du Fonds, Washington dispose d'un pouvoir de veto sur les modifications majeures apportées à son mode de fonctionnement.