Top jobs, visite de Zelensky, avenir de l’économie… ce qu’il faut attendre du sommet européen

Les dirigeants européens devraient parvenir à un accord global sur les top jobs et discuter des priorités géostratégiques et politiques de l'UE pour les années à venir lors du sommet de jeudi et vendredi (27-28 juin), dont l’ordre du jour s’annonce chargé.

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Special European Council meeting in Brussels
(De gauche à droite) La Première ministre estonienne Kaja Kallas, son homologue italienne Giorgia Meloni, hongrois Viktor Orban, maltais Robert Abela, néerlandais Mark Rutte, et le président français Emmanuel Macron lors d'un Conseil européen à Bruxelles le 17 avril 2024. [EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS]

Les dirigeants européens devraient parvenir à un accord global sur les top jobs et discuter des priorités géostratégiques et politiques de l’UE pour les années à venir lors du sommet de jeudi et vendredi (27-28 juin), dont l’ordre du jour s’annonce chargé.

Comme le veut la tradition, les chefs d’État et de gouvernement sont arrivés à Bruxelles quelques heures avant le début du sommet et se sont réunis avec leurs groupes politiques dans différents endroits de la ville.

Les principaux groupes politiques – le Parti populaire européen (PPE, premier groupe au Parlement européen) de centre droit, les Socialistes et Démocrates européens (S&D, deuxième groupe), et Renew Europe (libéraux, quatrième groupe) – organisent des réunions à huis clos afin de permettre aux dirigeants de définir une position commune et de prendre connaissance des attentes.

La plupart des discussions devrait tourner autour de la nomination des candidats aux trois principaux postes clés de l’UE : la présidence de la Commission européenne, celle du Conseil européen, ainsi que le poste de Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité.

Ursula von der Leyen, tête de liste du PPE, devrait être reconduite à la tête de l’exécutif, l’ex-Premier ministre socialiste portugais António Costa devrait diriger le Conseil européen, et la Première ministre libérale estonienne Kaja Kallas occuperait quant à elle le poste de cheffe de la diplomatie de l’UE.

Les dirigeants européens devront tenter de satisfaire Giorgia Meloni, Première ministre italienne enhardie par la victoire du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE, qui a dépassé Renew et est devenu le troisième groupe au Parlement), auquel appartient son parti d’extrême droite. Ils devront également faire face à Viktor Orban, qui s’est montré ouvertement critique à l’égard d’Ursula von der Leyen.

La date limite pour la nomination des candidats aux top jobs par les dirigeants est demain. Toutefois, le Parlement européen devra encore donner son aval à la nomination du président de la Commission lors d’un vote qui aura lieu le 11 juillet.

L’heure des négociations

Depuis midi, le bâtiment Europa, qui accueille la réunion du Conseil européen, est ouvert aux dirigeants. Lors de leur arrivée, ceux-ci peuvent déclarer publiquement leur position avant la réunion, donnant ainsi le ton des négociations à venir.

Les mots clés à retenir pour ce sommet sont : top jobs, priorités de l’UE, soutien à l’Ukraine, migrations et financement de la défense.

L’invité phare de la journée est le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui était attendu aux alentours de 14 heures pour signer un accord de sécurité UE-Ukraine.

Les discussions entre les dirigeants européens débuteront ensuite, avec le débat habituel avec la présidente sortante du Parlement européen, Roberta Metsola (PPE), qui devrait elle aussi être reconduite pour un second mandat.

À 15 heures, les dirigeants devraient commencer à discuter d’un large éventail de sujets sensibles : l’avenir du soutien à l’Ukraine, compliqué par l’opposition de la Hongrie, le financement de l’industrie de la défense, bien que la Commission n’ait pas présenté ses options de financement, la « ligne de défense orientale », mais également le conflit au Moyen-Orient.

Ils pourraient aussi aborder la question de l’externalisation de la gestion des migrations, puisque Ursula von der Leyen leur a assuré dans une lettre envoyée avant le sommet qu’il s’agissait de l’une de ses priorités.

Les top jobs des trois principales institutions sont pour leur part censés être au menu des discussions autour du dîner, qui débutera à 19 heures. Un accord préliminaire sur la question a déjà été conclu entre certains négociateurs.

Au cours de ce dîner, les dirigeants devraient également exposer ce qu’ils considèrent comme leurs priorités pour les années à venir. Rien de nouveau n’est attendu, mais ce sera l’occasion pour tous les dirigeants de réitérer leurs ambitions et de dire ce qu’ils attendent du nouveau trio qui sera à la tête des institutions et qui se trouvera également autour de la table.

Les deux sujets peuvent être liés et les discussions risquent de se prolonger jusqu’à tard dans la nuit.

Le document concernant l’agenda stratégique 2024-2029 de l’UE ne sera pas évoqué car il a été convenu à l’avance et n’est pas sujet à controverse.

Le moment le plus attendu arrivera après le sommet, lorsque chaque dirigeant indiquera s’il soutient les nominations et donnera officieusement des indications de vote à son groupe au Parlement européen, en vue du vote du 11 juillet lors duquel les eurodéputés devront élire ou non le président de la Commission.

Finance et économie au menu du petit-déjeuner de vendredi

L’heure jusqu’à laquelle les discussions se prolongeront dans la nuit de jeudi à vendredi déterminera l’heure à laquelle les dirigeants se réuniront à nouveau vendredi pour aborder un autre sujet majeur : l’économie et les finances de l’UE.

Pour l’instant, l’heure de début de la session de travail est fixée à 9 h 30.

Vendredi, l’ordre du jour sera dominé par l’économie, et plus particulièrement par la compétitivité de l’Union.

Le Conseil réitérera très probablement les priorités identifiées lors du sommet spécial d’avril sur la compétitivité, en renforçant son engagement à stimuler la compétitivité de l’Union et l’Union des marchés de capitaux (UMC).

Il s’agira notamment de prendre des mesures visant à supprimer les obstacles à l’investissement et à réduire les obligations règlementaires sur des aspects tels que les exigences en matière de déclaration et de capital.

En particulier, ils demanderont à la Commission européenne d’accélérer les travaux sur l’UMC sur la base des propositions d’avril et réaffirmeront le rôle central que les flux financiers privés devraient jouer pour répondre aux besoins de financement critiques de l’Union dans les années à venir.

Les États membres appelleront également à la préparation d’un nouveau Pacte de compétitivité d’ici la fin de l’année.

À ce sujet, la Hongrie, qui assurera la présidence tournante du Conseil de l’UE à partir du mois prochain, a annoncé en début de semaine son objectif d’organiser les négociations entre les États membres sur un tel pacte entre septembre et novembre. Ce calendrier devrait coïncider avec la publication du rapport préparé par l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, sur la compétitivité, attendu avant septembre.

[Édité par Anna Martino]