Topolánek : stopper l’élargissement ne mènera à rien de bon [FR]
Le Premier ministre tchèque et actuel tenant de la présidence tchèque de l’UE, Mirek Topolánek, a averti aujourd’hui (13 mars) que stopper l’élargissement et introduire de nouvelles barrières en Europe ne mènera à rien de bon. C’est ce qu’il a écrit, en anglais, en réponse à une question d’EURACTIV, lors d’une conversation en ligne.
Le Premier ministre tchèque et actuel tenant de la présidence tchèque de l’UE, Mirek Topolánek, a averti aujourd’hui (13 mars) que stopper l’élargissement et introduire de nouvelles barrières en Europe ne mènera à rien de bon. C’est ce qu’il a écrit, en anglais, en réponse à une question d’EURACTIV, lors d’une conversation en ligne.
Alors que les Etats membres ne vont probablement offrir une opportunité réaliste de rejoindre l’UE à court terme qu’à la Croatie, bridant les aspirations de la Serbie, du Monténégro, de la Macédoine et de l’Albanie, M. Topolánek, qui revient juste d’une tournée dans la région, a fortement soutenu une approche plus généreuse à l’égard des pays des Balkans occidentaux.
Les citoyens des pays qui tentent d’éviter tout autre élargissement de l’UE s’opposent à l’idée force de la Communauté européenne, a déclaré M. Topolánek. La mission de civilisation et l’élargissement de l’espace de sécurité, de prospérité et de justice doivent être perpétués, dans la mesure où ces valeurs sont celles sur lesquelles l’UE a été fondée, et l’introduction d’un nouveau rideau de fer, de nouvelles barrières ou de nouveaux murs ne conduira à rien de bon, a-t-il poursuivi.
Citant Winston Churchill, il a expliqué que si l’UE n’intègre pas progressivement les Balkans occidentaux et continue dans le même temps à insister sur la satisfaction des critères de Copenhague pour l’adhésion, l’UE créera un nouveau problème au centre de l’Europe.
M. Topolánek a insisté sur le fait que l’approche de son pays est en fait représentative de l’opinion majoritaire au sein de l’UE.
Le Premier ministre tchèque a répondu à d’autres questions également relatives au thème de l’élargissement.
Toute réserve est une insulte à mon égard
Pour M. Topolánek, les réserves de certains citoyens européens quant aux élargissements ultérieurs constituent en fait une insulte à son égard, puisque la République tchèque n’a rejoint l’UE que cinq ans auparavant. Il a indiqué que de nombreuses personnes, à l’extérieur des frontières européennes, souffraient sous le joug des régimes communistes totalitaires, mais qu’elles croyaient en les mêmes valeurs que les Européens. Qu’est-ce qui nous donne le droit de ne pas leur accorder ne serait-ce qu’une chance, a-t-il demandé.
L’idée selon laquelle seule une minorité de pays européens sont opposés à l’accélération des adhésions à l’UE a été confirmée ce jour par un diplomate d’un grand pays d’Europe de l’Ouest. Prenant le cas du Monténégro, il a déclaré que l’Allemagne et les Pays-Bas s’étaient retrouvés isolés au sein de l’UE, ne détenant pas d’arguments convaincants pour s’opposer à l’ouverture des négociations d’adhésion de ce pays au Conseil Affaires générales et relations extérieures (GAERC) des 16 et 17 mars.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont été invités à donner leur feu vert à l’avis de la Commission publié suite à la candidature formelle à l’UE du Monténégro, déposée en décembre dernier (EURACTIV 12/03/09).
C’est une chose qu’une question bilatérale entrave le processus d’adhésion, comme c’est le cas entre la Croatie et la Slovénie, ou la Macédoine et la Grèce ; c’en est une autre de s’y opposer seulement par sensibilité politique, a indiqué le diplomate. Il a ajouté que ne pas rendre un avis favorable sur Podgorica serait un signal négatif.
Si aucune décision n’est prise la semaine prochaine, la question sera remise au prochain Conseil GAERC, qui aura lieu à Luxembourg, les 27 et 28 avril.