Turquie : Législatives anticipées après l'annulation des présidentielles? [FR]
Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a appelé à la tenue d'élections législatives anticipées le 24 juin 2007, à la suite de la décision prise par la Cour constitutionnelle d'invalider le premier tour des élections présidentielles, le nombre de voix minimum nécessaire n'ayant pas été atteint.
Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a appelé à la tenue d’élections législatives anticipées le 24 juin 2007, à la suite de la décision prise par la Cour constitutionnelle d’invalider le premier tour des élections présidentielles, le nombre de voix minimum nécessaire n’ayant pas été atteint.
A la suite de heurts entre des manifestants laïcs et la police en fin de semaine dernière, au sujet de la possible arrivée à la présidence turque d’un Islamiste modéré, Erdogan a cherché à apaiser les tensions en annonçant le 2 mai 2007 la tenue d’élections législatives anticipées.
Le premier tour du scrutin présidentiel, qui s’est tenu au Parlement le 27 avril, a révélé que le ministre des affaires étrangères, Abdullah Gül, Islamiste modéré et très proche allié d’Erdogan, avait de fortes chances de remporter les élections au cours des prochains votes.L’éventualité de sa venue à la présidence a suscité des tensions au sein de l’opposition laïque, l’armée ayant même menacé d’intervenir pour préserver le système laïc du pays (EURACTIV 30/04/07).
La Cour constitutionnelle turque a partiellement apaisé les tensions en invalidant le vote le 1er mai 2007, précisant que le seuil minimum de participation de deux tiers des députés du Parlement n’avait pas été atteint. La Cour a indiqué que seuls 361 votes avaient été validés au lieu des 367 requis.
Le commissaire à l’élargissement, Olli Rehn, a critiqué l’influence de l’armée turque sur la politique du pays, estimant que les élections présidentielles de 2007 fournissaient l’occasion de « vérifier si les forces armées turques respectaient la laïcisation de la démocratie et les valeurs démocratiques ». L’amélioration du contrôle civil sur les forces armées est l’une des conditions politiques à la future adhésion de la Turquie à l’UE.
L’armée turque se considère comme la garante de la laïcité de l’Etat. Elle a déjà organisé trois coups d’Etat militaire pour protéger ce principe et a contribué en 1997 à faire tomber sans violence le gouvernement élu.