UE-États-Unis : le futur commissaire au Commerce prône le dialogue tout en défendant les intérêts européens

Maroš Šefčovič se montre prudent sur la question des futures relations commerciales entre l’UE et les États-Unis, soulignant l’importance de la relation transatlantique tout en avertissant que Bruxelles défendra ses propres intérêts économiques lorsque nécessaire.

EURACTIV.com
Weekly College of European Commissioners in Brussels
Maroš Šefčovič, actuel commissaire en charge du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal). [[EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS]]

Maroš Šefčovič se montre prudent sur la question des futures relations commerciales entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis, soulignant l’importance de la relation transatlantique tout en avertissant que Bruxelles défendra ses propres intérêts économiques lorsque cela sera nécessaire.

Maroš Šefčovič, le commissaire désigné par la Slovaquie qui s’est vu attribuer le portefeuille du commerce pour la prochaine législature (2024-2029), doit encore être confirmé par le Parlement européen.

Après avoir vu sa déclaration d’intérêts validée par la commission des Affaires juridiques du Parlement (JURI) plus tôt ce mois-ci, il doit désormais répondre aux questions écrites formulées par les eurodéputés des commissions parlementaires liées à son futur portefeuille.

Dans ses réponses à ces questions, publiées mardi 22 octobre, l’aspirant commissaire a insisté sur la priorité de préserver des relations amicales entre les États-Unis et l’UE.

« Les États-Unis restent notre premier partenaire commercial, et j’ai l’intention de continuer à développer nos relations bilatérales par le dialogue ainsi que par une défense affirmée de nos intérêts », écrit l’homme politique slovaque.

Maroš Šefčovič, actuel commissaire au Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), a ajouté que ce dialogue sera facilité en partie par un Conseil du commerce et des technologies (CCT) UE-États-Unis « réorganisé ». Ce forum, créé en 2021 pour renforcer les liens transatlantiques après la présidence de Donald Trump, a depuis lors fait peu de progrès sur certains des obstacles principaux dans les relations entre les deux blocs.

Les tensions économiques et commerciales entre Washington et Bruxelles se sont intensifiées ces dernières années, notamment depuis 2018, lorsque Donald Trump a imposé des droits de douane élevés sur l’acier et l’aluminium européens qui n’ont pas encore été officiellement levés par l’actuel président, Joe Biden.

Joe Biden a également irrité les Européens en 2022 en promulguant la loi sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act, IRA), qui vise à stimuler la production de technologies vertes aux États-Unis. Cette initiative est considérée comme une menace pour la production dans l’UE puisque certaines entreprises peuvent choisir de délocaliser leurs usines sur le sol américain afin de bénéficier des subventions de l’IRA.

Parallèlement, la perspective d’une deuxième présidence de Donald Trump a suscité l’inquiétude en Europe après que l’ancien président se soit engagé à imposer des droits de douane allant jusqu’à 20 % sur toutes les importations étrangères aux États-Unis s’il devait être réélu.

Maroš Šefčovič, qui sera auditionné par les eurodéputés le 4 novembre — la veille de l’élection présidentielle américaine —, promet de rechercher des « solutions à l’amiable » aux différends en cours avec Washington, y compris sur les droits de douane pour l’acier et l’aluminium ainsi que sur les dispositions « buy American » de l’IRA.

Un « dialogue continu » avec Pékin

En ce qui concerne la Chine, le Slovaque a indiqué que la résolution des tensions entre Bruxelles et Pékin « nécessitera un dialogue continu » ainsi que l’utilisation « d’instruments autonomes [droits de douane, enquêtes anti-subventions, etc., NDLR] chaque fois que cela s’avère nécessaire ».

Cependant, il a vivement critiqué la politique économique intérieure de la Chine, soulignant les « externalités négatives » générées par le modèle industriel dirigé par Pékin, telles que les « surcapacités qui faussent les marchés mondiaux et les chaînes d’approvisionnement ».

« Face à des politiques et des actions difficiles, je prendrai toutes les mesures nécessaires pour défendre les intérêts de l’UE dans ces relations bilatérales », a ajouté Maroš Šefčovič, faisant aussi bien référence aux relations de l’UE avec les États-Unis qu’avec la Chine.

[Édité par Anna Martino]