Ukraine : Paris et Berlin veulent rester médiateurs, Macron va parler avec Poutine et Zelensky

La France et l'Allemagne entendent poursuivre leur médiation dans la crise ukrainienne et auront de prochains échanges en ce sens avec la Russie, qui boude désormais ce format de discussions, ainsi qu'avec l'Ukraine.

« Ce travail doit continuer », a martelé Emmanuel Macron au cours d'une conférence de presse le 9 décembre, faisant allusion au format dit « Normandie » qui associe la France, l'Allemagne, la Russie et l'Ukraine dans la recherche d'une solution à la crise. [ EPA-EFE]

La France et l’Allemagne entendent poursuivre leur médiation dans la crise ukrainienne et auront de prochains échanges en ce sens avec la Russie, qui boude désormais ce format de discussions, ainsi qu’avec l’Ukraine.

« Ce travail doit continuer », a martelé le président français Emmanuel Macron au cours d’une conférence de presse le 9 décembre, faisant allusion au format dit « Normandie » qui associe la France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine dans la recherche d’une solution à la crise.

« Il a permis d’éviter ces dernières années la détérioration (de la situation) et il nous a permis aussi d’avoir des vrais résultats », a-t-il ajouté.

Le président français a dit qu’il allait lui-même rencontrer son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le 15 décembre, et s’entretenir au téléphone avec Vladimir Poutine « la semaine prochaine ».

Paris et Berlin conduisent depuis plusieurs années une médiation, avec autour de la table Moscou et Kiev, pour tenter de dénouer le conflit qui oppose les séparatistes prorusses aux autorités ukrainiennes dans l’est de l’Ukraine. La Russie est soupçonnée de soutenir militairement ces rebelles, ce qu’elle dément.

Le président américain Joe Biden a menacé mardi Vladimir Poutine de « fortes sanctions » économiques si son armée envahissait l’Ukraine, la Russie ayant amassé des dizaines de milliers de soldats à la frontière.

Cet échange téléphonique entre les deux dirigeants sur l’Ukraine a été perçu comme un affaiblissement du format « Normandie ».

Le président Biden a parallèlement informé les dirigeants français, allemand, italien et britannique de sa discussion avec Vladimir Poutine.

Cette coordination « ne se substitue pas au format qui existe », a insisté Emmanuel Macron. « Notre souhait c’est de pouvoir …) réenclencher ce format et un processus politique », a-t-il ajouté.

Le président français a une nouvelle fois défendu sa politique de « dialogue exigeant » avec la Russie. « On a besoin d’avoir ce dialogue (…), d’acter nos accords et nos désaccords mais aussi bâtir un chemin, parfois des digues et éviter des escalades », a-t-il dit.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a souhaité de son côté qu’une réunion avec ses homologues allemande, russe et ukrainien ait lieu « dès que possible ».

« On connaît ce qu’il faut faire. Il faut maintenant la volonté politique pour le faire et cette volonté politique peut s’exprimer très clairement lors d’une réunion (ministérielle) au format Normandie », a-t-il dit à l’issue d’un entretien avec la nouvelle cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock.

« J’espère que ce souhait soit partagé », a-t-il lancé en direction de la Russie. Moscou a décliné en novembre une invitation à organiser une réunion des quatre ministres des Affaires étrangères à Paris.

« Il faut que les accords de Minsk restent la base de travail », a également insisté Annalena Baerbock.

Ces accords, conclus après l’annexion russe de la Crimée en 2014, sont censés régler le conflit dans l’est de l’Ukraine entre les forces de Kiev et les séparatistes prorusses, mais n’ont jamais vraiment été appliqués. L’OSCE est justement chargée de contrôler leur respect.