Un ancien ministre ukrainien émet un avertissement sévère à l’encontre de la Russie [FR]

L’Europe commet une grave erreur en comptant fortement sur la Russie comme source d’approvisionnement en gaz. C’est ce qu’a déclaré l’ancien ministre ukrainien aux Affaires étrangères, Boris Tarasyuk, dans un entretien à EURACTIV Slovaquie. 

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L’Europe commet une grave erreur en comptant fortement sur la Russie comme source d’approvisionnement en gaz. C’est ce qu’a déclaré l’ancien ministre ukrainien aux Affaires étrangères, Boris Tarasyuk, dans un entretien à EURACTIV Slovaquie. 

« Si l’UE devient plus dépendante à l’égard des sources russes d’approvisionnement, la Russie s’en servira comme instrument de politique étrangère » afin de faire pression sur l’Europe, a déclaré le député. 

La récente crise gazière, qui a eu pour conséquence l’interruption complète en début d’année des approvisionnements à destination de l’Europe (EURACTIV 07/01/09) et à la suite de laquelle les capitales européennes se sont démenées pour élaborer une réponse cohérente (EURACTIV 09/01/09), était « intentionnellement déclenchée par la Russie […] pour discréditer l’Ukraine », a-t-il déclaré. 

L’influence de Moscou à cet égard constitue une « menace réelle, concrète, pour des millions de personnes en Europe », a-t-il ajouté, soulignant que Kiev ne peut pas « mettre en œuvre les obligations contractuelles des Russes » pour livrer le gaz au système de transport ukrainien. 

« Au lieu de chercher d’autres routes depuis la Russie, l’Union européenne doit chercher d’autres possibilités», a déclaré M. Tarasyuk, qui préside la commission parlementaire de son pays sur l’intégration européenne. « Ne sous-estimez pas l’Ukraine. Notre système de transport peut acheminer bien plus de gaz qu’il ne le fait à présent », a-t-il indiqué. 

Soulignant la fiabilité de l’Ukraine en tant que partenaire de transit, l’ancien diplomate a rappelé que Kiev avait aidé l’UE de manière efficace en lui fournissant ses propres ressources pendant six jours, au plus fort de la crise gazière. « Nous devrions construire un  nouveau gazoduc depuis l’Asie centrale via la région caspienne, la mer Noire et l’Ukraine vers l’UE » pour compléter Nabucco, a-t-il expliqué. 

« Je recommanderais à l’UE de se concentrer sur les routes d’approvisionnement gazier qui ne dépendent pas de la Russie », a déclaré le député, citant le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Kazakhstan comme fournisseurs éventuels à l’avenir.

Par rapport à la récente instabilité dans le Caucase, l’ancien ministre est « complètement en désaccord » avec les tentatives visant à mettre sur un même pied d’égalité les situations en Ossétie du Sud et en Abkhazie et celle de la Crimée, qui est « une partie de l’Ukraine et sous l’entier contrôle des autorités ukrainiennes ». 

Quant à la possibilité d’une attaque russe sur l’Ukraine, il la qualifie de « fantaisiste ». M. Tarasyuk a en outre averti Moscou que son pays est « l’un des Etats les plus forts d’Europe » en termes militaires. « Ce serait une folie pour tout le monde, y compris la Russie, d’attaquer militairement l’Ukraine ».

Concernant le double objectif de son pays d’adhérer à l’OTAN et à l’UE, M. Tarasuyk reste optimiste, et ce en dépit du fait que l’alliance transatlantique n’a pas une « politique de porte ouverte ». Admettant que la brève guerre entre la Géorgie et la Russie a pu avoir une influence sur les ambitions d’adhésion à l’OTAN de Kiev tout comme celles de Tbilissi, le député insiste néanmoins sur le fait qu’ « inévitablement, tôt ou tard, l’Ukraine deviendra membre de l’alliance ». 

Quant à l’UE, M. Tarasyuk s’attend à ce que des négociations aient lieu cette année afin de finaliser un nouvel « accord d’association » similaire à celui qui a conduit la Slovaquie dans l’Union. 

Enfin, l’ancien diplomate a admis que la politique ukrainienne traverse une période difficile. « Nous avons des problèmes de personnalités. Mais le déroulement général reste tel qu’il a été défini par la Révolution orange. Donc je suis optimiste », a-t-il conclu. 

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