Un bras de fer monétaire plane sur le sommet UE Chine

Les responsables politiques européens ont encouragé la Chine hier (5 octobre) à revaloriser plus rapidement sa monnaie afin d'aider à rééquilibrer l'économie mondiale, la probabilité d'un conflit international sur les monnaies étant de plus en plus inquiétante.  

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Les responsables politiques européens ont encouragé la Chine hier (5 octobre) à revaloriser plus rapidement sa monnaie afin d'aider à rééquilibrer l'économie mondiale, la probabilité d'un conflit international sur les monnaies étant de plus en plus inquiétante.

 

Les Etats-Unis et l'Union européenne accusent la Chine de conserver le yuan artificiellement bas afin de dynamiser les exportations, ce qui compromet l'emploi et la compétitivité dans les économies occidentales.

Le taux d'échange réel de la Chine est sous-évalué, a dit le président des ministres des finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, après avoir discuté avec Wen Jiabao en marge d'un sommet Asie UE à Bruxelles.

Il a dit que la zone euro qui comprend 16 nations avait encouragé une appréciation méthodique, signifiante et générale du yuan.

Interrogé sur la réponse de M. Wen, M. Juncker a dit que le message n'avait pas surpris la délégation chinoise, mais a ajouté en français : les autorités chinoises ne partagent pas notre point de vue.

Les discussions d'hier sur la monnaie risquent de compromettre le sommet UE Chine qui a lieu aujourd'hui, l'Allemagne ayant promis qu'elle travaillerait pour que l'Union européenne reconnaisse la Chine en tant qu'économie de marché dès 2016. Une telle reconnaissance apporterait à la Chine des bénéfices en vertu des règles commerciales internationales, d'après un communiqué paru suite à la rencontre entre la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre chinois.

Un accord fragile

Le sommet UE Asie qui regroupe 48 nations s'est terminé sur un accord visant à consolider  la fragile reprise économique et à garantir que les réformes du Fonds Monétaire International donnent davantage de pouvoir aux économies émergeantes d'Asie et des autres continents.

Ce processus doit prendre en compte les réalités de l'économie mondiale d'aujourd'hui – les changements qui ont eu lieu, et la forte croissance dans les marchés émergeants dynamiques et dans les pays en développement, a dit le président du Conseil de l'UE Herman van Rompuy.

L'UE a proposé la semaine dernière d'abandonner deux des huit sièges que ses membres détiennent au sein du conseil d'administration du FMI qui comprend 28 membres, pour faire de la place aux économies émergeantes, mais les analystes ont dit que le geste n'était pas suffisant. La question devrait être soulevée lors d'un sommet regroupant 20 économies majeures à Séoul le mois prochain.

M. Wen ne s'est pas rendu à la conférence de presse suite aux discussions monétaires. Il a toutefois affirmé lors de la session d'ouverture du sommet lundi (4 octobre) que l'objectif de la Chine était d'assurer une stabilité relative des principales monnaies en réserve.

Toutefois, suite à la rencontre entre le président français Nicolas Sarkozy et M. Wen en marge du sommet, une source française a dit que la Chine semblait être prête à discuter d'un moyen d'éviter des variations inégales du taux de change.

Un conflit monétaire?

Le dialogue monétaire annuel UE Chine arrive dans un climat d'inquiétude quant à une éventuelle "guerre monétaire internationale", les puissances commerciales clé, telles que les Etats-Unis et le Japon, cherchant à affaiblir leurs monnaies alors que les économies émergeantes comme le Brésil ou la Corée du Sud  renforcent ou menacent de renforcer plus strictement la limite des flux de capitaux.

Les Européens craignent d'avoir le fardeau d'une monnaie surévaluée, qui étoufferait leur reprise, car ils ont peu d'outils qui permettent de maîtriser la hausse de l'euro, même s'ils le voulaient.

La France, qui sera à la tête de la présidence tournante du groupe des 20 puissances économiques majeures le mois prochain, a mis la réforme monétaire internationale en haut de son agenda, espérant attirer la Chine dans les discussions multilatérales sur la coordination monétaire.

Il est peu opportun en ce moment que la Chine ne soit jamais impliquée dans les discussions sur la monnaie, a dit la ministre française des Finances Christine Lagarde lors d'un forum à Moscou hier.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)