« Un choix délibéré » qui a permis d’éviter une guerre commerciale : Ursula von der Leyen défend son accord avec Donald Trump

La présidente de la Commission européenne a défendu l’accord conclu avec Donald Trump, estimant qu’il s’agit d’une décision « délibérée » qui a permis d’éviter une guerre commerciale totale entre l’UE et les États-Unis.

EURACTIV.com
Volodymyr Zelenskyy – Ursula von der Leyen joint press conference in Brussels
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. [Getty Images/Ukrainian Presidency_Anadolu]

Dans une tribune parue dans différentes publications, telles que le quotidien espagnol El Mundo, le journal italien IlSole24ore, le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung ou encore Le Figaro, Ursula von der Leyen défend l’accord commercial conclu avec Donald Trump. « Beaucoup de choses ont été écrites à propos de cet accord. Des choses auxquelles il importe de répondre directement », écrit-elle en ouverture.

« Cet accord constitue un choix délibéré : celui de la stabilité et de la prévisibilité au lieu de l’escalade et de l’affrontement », poursuit-elle. Elle explique que Pékin et Moscou auraient été les premiers à tirer profit d’un affrontement économique entre les deux blocs, affirmant que l’accord trouvé représentait une meilleure option pour l’Europe.

Selon une déclaration commune de Bruxelles et Washington publiée vendredi 22 août, l’accord fixe des droits de douane avec une limite « très claire » de 15 % sur la quasi-totalité des produits européens, y compris les voitures et les produits pharmaceutiques, tout en épargnant les médicaments génériques et les composants aéronautiques, rappelle la présidente.

Si Ursula von der Leyen reconnaît que l’accord n’est pas « parfait », elle estime qu’il s’agit d’un résultat « solide », car l’UE est le seul acteur au monde à avoir obtenu un taux unique plafonné. Le deal UE-États-Unis « tranche » ainsi avec les accords conclus par Washington avec d’autres pays, « dans le cadre desquels les nouveaux taux de base s’ajouteront aux anciens droits de douane déjà en place ».

« Les biens européens entreront donc sur le marché américain à des conditions plus favorables, donnant aux entreprises de l’UE un avantage certain », poursuit-elle.

La présidente de l’exécutif répond également aux inquiétudes selon lesquelles l’UE accepterait de faire des concessions règlementaires — notamment concernant sa législation numérique — pour parvenir à cet accord.

« L’UE est restée ferme sur ses principes fondamentaux. Nos règles demeurent inchangées. C’est à nous qu’il appartient de décider comment préserver au mieux la sécurité alimentaire, protéger les citoyens européens en ligne et garantir la santé et la sécurité. Cet accord protège nos valeurs tout en défendant nos intérêts », assure l’Allemande.

Pour ce qui est de l’avenir, Ursula von der Leyen soutient que le bloc cherche à renforcer et diversifier ses relations commerciales avec d’autres pays, notamment avec la Suisse, le Mexique et le Royaume-Uni, ainsi que dans le cadre du nouvel accord commercial avec les pays du Mercosur.

« Parmi nos relations économiques, celle que nous entretenons avec les États-Unis est certes la plus importante, mais il faut la replacer dans un panorama beaucoup plus vaste. Si les États-Unis sont la première destination du commerce européen, ils ne représentent qu’environ 20 % de nos exportations de biens. »

Cette tribune apporte une réponse aux critiques formulées à l’encontre de l’accord depuis l’annonce de sa conclusion fin juillet.

Fin de la semaine dernière encore, Mario Draghi, ancien Premier ministre italien et ancien président de la Banque centrale européenne qui a joué un rôle consultatif majeur auprès de la présidente de la Commission, fustigeait le résultat des mois de négociations entre les équipes du Berlaymont et celles de la Maison-Blanche.

Ainsi, le 22 août, Mario Draghi déclarait que cette année restera dans les mémoires comme celle où « l’illusion » d’une UE en tant qu’acteur mondial aura « disparu ».

« Nous avons dû nous résigner aux droits de douane imposés par notre plus grand partenaire commercial et allié de longue date, les États-Unis », déplorait-il.

(asg)