Un Chypriote turc pourrait faire son entrée au Parlement

La République de Chypre enverra probablement un candidat chypriote turc au sein du prochain Parlement européen. Une décision qui s'inscrit dans le cadre du processus de réunification entre les deux communautés.

EURACTIV.com
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La République de Chypre enverra probablement un candidat chypriote turc au sein du prochain Parlement européen. Une décision qui s’inscrit dans le cadre du processus de réunification entre les deux communautés.

Au total, 61 candidats issus de dix partis politiques différents font campagne à Chypre pour les européennes. La concurrence sera rude sachant que le pays n’a que six sièges au sein de l’hémicycle européen.

Parmi eux, huit sont des candidats indépendants.

De façon inattendue, plusieurs candidats sont originaires du nord de l’île, occupée par la Turquie depuis 1974.

Le parti socialiste chypriote est enregistré en tant que parti chypriote turc. Il met en lice deux candidats turcs, Mehmet Birinci et Osman Zorba. De son côté, le Parti Action (Drasis-Eylem) avance deux candidats turcs aussi : Natice Nedjet et Deniz Birinci. Parmi les candidats indépendants, ?ener Levent est également un Chypriote turc.

En vertu du droit européen, malgré une partition du pays de longue date, toute l’île est considérée comme un territoire européen.

Certaines sources ont indiqué à EURACTIV que les autorités de la République de Chypre seraient plus souples quant aux conditions de vote des Turcs chypriotes dimanche prochain. Pour voter, ces derniers n’auront plus qu’à présenter leur carte d’identité au bureau de vote.

De plus, les Turcs chypriotes pourront circuler au sein de la République de Chypre. Il est vrai que des milliers le font déjà quotidiennement pour aller travailler ou recevoir un traitement médical. Du côté des Grecs chypriotes, l’abstention devrait être élevée. Dès lors, si les Chypriotes turcs se rendent en masse aux urnes dans le sud, ils pourraient envoyer un eurodéputé au Parlement de Strasbourg.

« Nous espérons avoir un Chypriote turc dans le prochain Parlement [européen] », explique un diplomate chypriote.

Selon lui, le taux de participation sera bas, « à cause des décisions européennes » dans le cadre du sauvetage de Chypre.

Nicosie avait rejoint l’UE le 1er mai 2004. L’île connaissait alors une situation économique bien meilleure que celles des pays d’Europe centrale. Mais dix ans plus tard, la population chypriote s’est paupérisée. Le programme de la Troïka est en cours d’exécution et la notation du pays a été réévaluée dernièrement. Cependant, de nombreux défis restent encore à relever. L’un d’eux est le taux de chômage, qui s’élève actuellement à 19 %.

La visite du vice-président américain : un évènement historique

Les négociations en vue d’une réunification progressent lentement. Cependant, la visite du vice-président américain, Joe Biden, devrait donner un coup de fouet au processus.

Joe Biden devrait rencontrer les deux présidents de Chypre, le Grec, Nicos Anastasiades, et le Turc, Dervi? Ero?lu selon un même protocole. Il est le premier vice-président à effectuer une mission à Chypre depuis Lyndon Johnson en 1962.

Le 2 juin prochain, Nicos Anastasiades et Dervi? Ero?lu devraient tenir une réunion commune pour la troisième fois depuis la reprise des négociations le 11 février dernier. Le travail de fond dans le cadre des négociations est réalisé par deux négociateurs, l’un grec, Andreas Mavroyiannis, l’autre turc, Kudret Ozersay.

Un diplomate chypriote a indiqué que les négociations entraient maintenant dans « une seconde phase » et devrait aboutir à une troisième phase pour trouver des compromis. Les dirigeants devront ensuite se mettre d’accord sur un document commun définitif, qui serait soumis à référendum auprès des communautés chypriotes.