Un eurodéputé macroniste plaide pour un "infléchissement à gauche" avant les législatives

L'eurodéputé du groupe Renaissance Bernard Guetta a plaidé lundi (25 avril) pour un « infléchissement à gauche » de la politique d'Emmanuel Macron, afin de s'assurer d'une majorité aux prochaines législatives, dans une tribune à Libération.

Macron wins French presidential election
Selon l'eurodéputé, il s'agit pour M. Macron de bâtir sa future majorité aux élections législatives (12-19 juin). [<a href="https://webgate.epa.eu/webgate" target="_blank" rel="noopener">Christophe Petit Tesson/EPA</a>]

L’eurodéputé du groupe Renaissance Bernard Guetta a plaidé lundi (25 avril) pour un « infléchissement à gauche » de la politique d’Emmanuel Macron, afin de s’assurer d’une majorité aux prochaines législatives, dans une tribune à Libération.

« Reprenez d’urgence appui sur votre jambe gauche car vous avez maintenant besoin d’un consensus national », a exhorté l’ex-journaliste, élu en 2019 au Parlement européen sous la bannière macroniste.

Estimant que la France avait « échappé au pire » après la victoire dimanche (24 avril) de M. Macron sur Mme Le Pen, M. Guetta a appelé à ne pas baisser la garde, soulignant que « le président de la République n’a fait, en un mot, que ne pas perdre ».

« S’il veut maintenant gagner, s’il veut rester dans l’histoire comme l’homme grâce auquel la France aura contribué à faire de l’Union européenne une puissance politique, s’il veut réaliser ce qui est sa grande ambition plutôt que de s’avérer impuissant sur la scène française, il lui faut se rallier la gauche », a insisté M. Guetta.

Selon l’eurodéputé, il s’agit pour M. Macron de bâtir sa future majorité aux élections législatives (12-19 juin), alors que se dessinent « trois groupes dominants entre lesquels il n’y aurait pas d’accord possible : la gauche insoumise de Jean-Luc Mélenchon, le Rassemblement national de madame Le Pen et les centristes élus sous l’étiquette présidentielle ».

Dans cette perspective, il a souhaité que M. Macron prépare « une programme que la gauche et les Verts ne puissent qu’approuver ».

« Emmanuel Macron doit nommer un Premier ministre qui puisse incarner cet infléchissement à gauche, sans lui aliéner le centre et la droite », observe encore M. Guetta. Il évoque le nom du patron de la CFDT Laurent Berger, capable de « former un gouvernement d’union nationale et de réussir cette quadrature du cercle », qui est toutefois opposé à la réforme des retraites controversée prônée par Emmanuel Macron.

« Ce futur Premier ministre devra parallèlement jeter les bases d’un parti démocrate à même d’attirer, un jour, une partie de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, l’essentiel des sociaux-démocrates, le centre et la droite sociale de tradition gaulliste », a encore plaidé l’eurodéputé.