Un manifeste citoyen pour sauver la zone euro
Trois think tank européens alertent les dirigeants de l’UE sur la nécessité d’inclure les citoyens dans leur réflexion sur l’avenir de la zone euro.
Trois think tank européens alertent les dirigeants de l’UE sur la nécessité d’inclure les citoyens dans leur réflexion sur l’avenir de la zone euro.
Aux palabres citoyens! Au cas où les dirigeants européens seraient tentés de décider en solitaire de l’avenir de l’Europe, un groupe de trois think tank européens met le holà au virage technocratique amorcé dans la zone euro et invite à une mobilisation citoyenne face à la crise de la dette.
Dans un manifeste rédigé fin novembre, Confrontations Europe, Bertelsmann Stiftung (Allemagne) et la Fondation Astrid (Italie) rappellent que les citoyens doivent avoir leur mot à dire sur ce qui sera décidé au sommet européen, vendredi 9 décembre. Ils présentent dans le même temps leurs propositions de sortie de crise.
Trois piliers
Consolider la zone euro repose, selon eux, sur trois piliers : établir une politique budgétaire commune, renouer avec la croissance grâce à des ajustements structurels majeurs pour redevenir compétitifs, et bâtir un « nouveau welfare social » par le biais d’une valorisation des compétences et de l’insertion professionnelle des jeunes.
Des objectifs ambitieux –pas tellement novateurs– mais qui demandent de procéder par étape, la première étant de créer des euro-obligations en contrepartie d’une discipline budgétaire renforcée. Sur ce point, ils risquent d’être déçus car le président français a déclaré, lundi 5 décembre, que la mutualisation des dettes « n’était en aucun cas une solution à la crise », rejoignant ainsi la chancelière allemande qui, depuis le début de la crise, juge cette option prématurée.
Dans l’urgence, estiment-ils par ailleurs, la Banque centrale européenne (BCE) doit continuer à jouer un rôle de pare-feu « sans aller jusqu’à une monétisation [des dettes souveraines] ». A terme toutefois, «une cohérence devra être établie entre [la BCE] et la politique budgétaire [et] les règles des systèmes bancaires nationaux […] harmonisées », précisent-ils.
Enfin, pour bâtir un pouvoir exécutif, un ministère européen de l’Économie et des Finances « codirigé par des représentants de la Commission et des États concernés, décidant à la majorité qualifiée, et sous le contrôle des parlements européen et nationaux » serait un bon début.
Mobilisation citoyenne
Mais aucune décision, insistent-ils, ne doit être prise sans le consentement des citoyens européens, qui doivent « choisir eux-mêmes les piliers de [cette] consolidation ».
« Seule l’appropriation des enjeux et des responsabilités par les citoyens, les acteurs sociaux et économiques européens, et les sociétés civiles organisées, permettra de construire une Union économique et monétaire viable, c’est à dire solidaire et dynamique, au cœur d’une Union politique de l’Europe », conclut ainsi le manifeste, que tout citoyen est invité à « signer et promouvoir ».