Un ministre tchèque appelle à fédéraliser l’UE pour qu’elle soit l’égal des autres puissances mondiales
L’Europe ne pourra jouer un rôle égal aux autres puissances sur la scène internationale que si elle devient une fédération, a expliqué le ministre tchèque des Affaires européennes Martin Dvořák à EURACTIV République tchèque lors d’un entretien.
L’Europe ne pourra jouer un rôle égal aux autres puissances sur la scène internationale que si elle devient une fédération, a expliqué le ministre tchèque des Affaires européennes Martin Dvořák à EURACTIV République tchèque lors d’un entretien.
« Le rôle de l’UE dans le monde s’accroît progressivement, mais il est loin d’être aussi important que sa population et sa puissance économique le laisseraient supposer », a indiqué le ministre tchèque.
« Je sais que [cette idée] n’est pas du tout populaire. Je pense qu’une Fédération européenne ou des États-Unis d’Europe placeraient l’Europe dans une position qui lui permettrait d’être un partenaire véritablement égal dans le jeu entre la Chine et l’Amérique, ou la Russie et l’Inde », a-t-il poursuivi.
M. Dvořák a été nommé ministre des Affaires européennes en mai 2023.
Bien que le gouvernement tchèque soit dirigé par le Premier ministre conservateur Petr Fiala, membre du Parti démocratique civique (ODS/Conservateurs et Réformistes européens), sceptique quant à l’approfondissement de l’intégration européenne, M. Dvořák ne cache pas ses positions résolument pro-européennes, une attitude plutôt inhabituelle dans la sphère publique tchèque.
M. Dvořák est membre du Parti des Maires et Indépendants (STAN), qui n’est actuellement représenté dans aucun groupe politique européen. Le seul eurodéputé tchèque du STAN — Stanislav Polčák — est affilié au groupe du Parti populaire européen.
Réforme de l’UE
À propos de la réforme de l’UE et notamment de la suppression du droit de veto des États membres dans certains domaines politiques, M. Dvořák n’a pas souhaité exprimer clairement sa position.
« Si je me définis comme un fédéraliste, ce serait sans aucun doute une possibilité pour moi, mais, d’un autre côté, je sais très bien que la situation politique n’est pas encore mûre pour cela. Je ne sais même pas si elle le sera un jour », a-t-il toutefois indiqué.
Euroscepticisme en République tchèque
Selon M. Dvořák, le débat sur l’Union européenne en République tchèque n’est pas équilibré, les eurosceptiques dominant largement le discours, tandis que ceux qui promeuvent les avantages de l’UE et tiennent des discours pro-européens se voient ostracisés.
« Je pense que le débat dans notre pays manque d’une aile euro-optimiste ou europositive, et c’est ce que je veux apporter au débat », a reconnu M. Dvořák.
Comme EURACTIV République tchèque l’a rapporté plus tôt, la confiance des Tchèques dans l’Union européenne a récemment chuté de manière significative ; un phénomène qui n’est probablement pas lié à la situation économique, puisque le niveau de confiance était déjà faible même lorsque l’économie se portait mieux.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]