Un nouveau parti proeuropéen se lance au Royaume-Uni
EXCLUSIF / Des conservateurs britanniques proeuropéens fondent un nouveau parti pour les européennes. Ils proposent une troisième voie entre David Cameron (Tory) et Nigel Farage (UKIP), tous deux eurosceptiques.
EXCLUSIF / Des conservateurs britanniques proeuropéens fondent un nouveau parti pour les européennes. Ils proposent une troisième voie entre David Cameron (Tory) et Nigel Farage (UKIP), tous deux eurosceptiques.
« Contrairement à la droite dure britannique, nous sommes convaincus que les Britanniques peuvent tendre les bras vers un avenir meilleur, et non simplement battre en retraite vers un passé fictif », explique Dirk Hazell, président du nouveau parti, baptisé 4 Freedoms Party (UKEPP) lors d’un entretien exclusif avec EURACTIV.
« Les gens vivent actuellement des temps difficiles. Pour aller vers un meilleur avenir, le Royaume-Uni devrait diriger l’Europe et non la quitter », a-t-il confié.
Il fait partie des eurodéputés qui avaient en 2009 quitté le Parti populaire européen pour fonder le groupe des Conservateurs et réformistes européens au Parlement européen.
Le PPE n’a jamais voulu que les conservateurs britanniques quittent le groupe, a poursuivi Dirk Hazell. Selon lui, David Cameron avait demandé – de façon peu judicieuse – aux eurodéputés conservateurs de créer un front eurosceptique lors de sa campagne pour prendre la tête du parti en 2005.
« Trop souvent en Grande-Bretagne, en particulier quand il s’agit d’Europe, les politiques internes au parti prévalent sur les intérêts nationaux », a-t-il regretté.
Une voix britannique au sein du PPE au Parlement européen est essentielle en vue d’avoir un Royaume-Uni fort à l’intérieur d’une Europe réformée, a insisté le fondateur du parti 4 Freedoms.
Depuis leur départ du groupe du PPE en 2009 et leur éloignement des partis traditionnels de centre droit, les conservateurs britanniques ont adopté une position résolument eurosceptique, et se sont marginalisés au sein du Parlement européen.
Votewatch, la base de données indépendante des votes du Parlement européen, montre que depuis janvier 2013 le groupe des Tories a voté la même chose que le Parti de l’indépendance (UKIP) dans deux tiers des cas.
« Un gâchis tragique du talent britannique et une perte d’influence », a expliqué l’eurofédéraliste.
Les Tories sous tension
En vue de renforcer le soutien à la renégociation des traités européens, plaidée par David Cameron, les ministres britanniques sont en train d’organiser des missions pour les députés britanniques dans les capitales européennes.
S’il gagne les prochaines élections, le premier ministre pourrait alors faire face à une guerre ouverte avec ses propres députés à mi-chemin de la législature du Parlement européen. Alors que David Cameron veut faire campagne pour promouvoir sa conception de la place du Royaume-Uni au sein d’une UE réformée, beaucoup de ses députés appellent tout simplement à la sortie du Royaume-Uni de l’UE.
L’objectif de ces voyages ministériels est d’éviter un « Brexit », une sortie de l’Union. Elles visent en premier lieu les conservateurs modérés, selon le Financial Times.
Le nouveau parti, qui commence sa campagne à Londres, déclare ne vouloir ni d’une Europe centralisée, ni d’un Royaume-Uni centralisé qui s’immiscerait dans la vie quotidienne des gens.
« Préserver les identités régionales et locales en Grande-Bretagne compte plus à nos yeux qu’aux Tories.Les dirigeants britanniques ont contribué à normaliser les principes de liberté, de sécurité et de prospérité en Europe : pour faire écho au discours de la chancelière Merkel au Parlement britannique, nous devrions tous de nouveau coopérer en vue d’améliorer l’Europe encore et toujours », a appelé de ses voeux Dirk Hazell.
Selon les propos du fondateur, l’UK EPP souhaite la mise en place d’un gouvernement responsable, où le marché libéralisé est au service du bien commun et où le talent des petites entreprises peut s’épanouir.
« De loin, la meilleure façon de sécuriser des emplois de qualité pour les générations futures dans le quartier financier de Londres est de mettre l’économie au service des hommes et non l’inverse », a-t-il insisté. Il a également exhorté les hommes et femmes politiques britanniques à cesser de vitupérer« Bruxelles » qui n’amènerait, selon eux, que pénurie de logements, coupes budgétaires dans l’enseignement, transports archaïques et autres problèmes de politique intérieure. Or, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes au final, a ajouté le fondateur de l’UK EPP.
Dirk Hazell veut mettre au défi l’UKIP, s’en prendre à son fonds de commerce qu’est l’europhobie, ainsi qu’à ses corollaires récurrents au sein du parti : la distorsion du passé et du présent, et une vision anxiogène de l’avenir.
« Les militants conservateurs eurosceptiques de la trempe de Daniel Hannan appartiennent à l’UKIP.Les conservateurs proeuropéens et probritanniques appartiennent en revanche à la famille traditionnelle de centre-droit, au PPE :L’UK EPP maintiendra la porte du PPE ouverte », a-t-il conclu.
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