Une année meurtrière pour les travailleurs humanitaires
155 travailleurs humanitaires sont morts à travers le monde alors qu’ils étaient en exercice en 2013. C’est l’Afghanistan qui comptabilise le plus d’attaques contre les humanitaires.
155 travailleurs humanitaires sont morts à travers le monde alors qu’ils étaient en exercice en 2013. C’est l’Afghanistan qui comptabilise le plus d’attaques contre les humanitaires.
Le nombre d’attaques contre les travailleurs humanitaires a atteint en 2013 un niveau record à travers le monde, l’Afghanistan étant le pays le plus dangereux, montre un rapport rendu public le 19 août, qui est la journée de l’aide humanitaire.
Au total, 155 travailleurs humanitaires ont été tués, 171 blessés et 134 enlevés en 2013, soit une hausse de 66 % par rapport à 2012, selon le rapport du groupe de consultants Humanitarian Outcomes.
Trois quarts des attaques se sont produits en Afghanistan, en Syrie, au Soudan du Sud, au Pakistan et au Soudan. L’Afghanistan concentre à elle seule 81 attaques.
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L’année 2014 semble s’inscrire dans cette évolution avec déjà 79 humanitaires tués. « Un travailleur humanitaire tué en accomplissant son devoir, c’est un de trop », déclare Valerie Amos, responsable du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) aux Nations unies, dans un communiqué diffusé avant sa participation à une cérémonie à l’abbaye de Westminster à Londres.
Les civils, premières victimes des conflits
La principale raison de cette intensification des attaques contre le personnel humanitaire réside dans le changement de nature des conflits, selon le BCAH.
Alors qu’autrefois les guerres opposaient généralement des armées nationales, la majorité des conflits se déroulent désormais à l’intérieur même de pays donnés et impliquent des rebelles n’hésitant pas à s’en prendre aux civils.
« De plus en plus, nous voyons des belligérants à travers le monde ignorer les règles de la guerre pour atteindre un objectif politique en prenant directement des civils pour cibles, en infligeant des châtiments collectifs, en encourageant les violences ethniques, en entravant la distribution d’une aide humanitaire de premiers secours aux personnes affectées et en attaquant les acteurs humanitaires eux-mêmes », a dit John Ging, directeur des opérations du BCAH, à la Fondation Thomson Reuters.
« Cela a un impact énorme non seulement sur la sécurité des travailleurs humanitaires, mais aussi sur les millions de personnes à travers le monde dont la survie dépend de la distribution en temps voulu d’une aide humanitaire », a-t-il ajouté.
La distribution d’aides se militarise
De nombreux experts insistent aussi sur la militarisation croissante de la distribution de l’aide pour expliquer les risques accrus encourus par le personnel humanitaire, dont le travail participe à l’aide au développement dans ces pays.
En Afghanistan, les forces de l’OTAN commandées par les États-Unis ont ainsi distribué une aide dans l’espoir notamment de gagner les cœurs de la population. Certaines ONG pensent qu’une telle politique amène les ennemis des forces de l’OTAN à considérer toutes les organisations humanitaires comme des cibles légitimes.
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