Une fondation liée au parti de Giorgia Meloni accusée de financer une association néofasciste

Nouveau scandale en Italie, alors que, selon une enquête publiée par les quotidiens Repubblica et Domani, une fondation liée au parti de la Première ministre Giorgia Meloni aurait contribué à l’achat de l’ancien siège du parti fasciste du Mouvement social italien.

EURACTIV Italie
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Le don a été fait à l’association Acca Larenzia pour l’aider à acheter la propriété du même nom — nom qui fait par ailleurs référence à l'attentat politique commis par des militants d’extrême gauche contre des membres de la branche jeune du MSI à Rome le 7 janvier 1978 devant le siège du parti. [[Shutterstock/faber1893]]

Nouveau scandale en Italie, alors que, selon une enquête publiée par les quotidiens Repubblica et Domani, une fondation liée au parti de la Première ministre Giorgia Meloni aurait contribué à l’achat de l’ancien siège du parti fasciste du Mouvement social italien.

La fondation Alleanza Nazionale, étroitement liée au parti Fratelli d’Italia (Conservateurs et Réformistes européens, CRE) de Giorgia Meloni, aurait contribué à l’achat de l’ancien siège du Mouvement social italien (MSI), un parti néofasciste fondé en 1946 par des partisans de Benito Mussolini. Le mouvement a été dissous en 1995, et nombre de ses partisans ont plus tard rejoint Fratelli d’Italia.

Le don de l’Alleanza Nazionale a été fait à l’association Acca Larenzia pour l’aider à acheter la propriété éponyme, située à Rome. C’est devant cette dernière, par ailleurs, que trois membres des jeunesses de ce parti avaient été assassinés le 7 janvier 1978 par des militants d’extrême-gauche.

Chaque année, des sympathisants d’extrême droite se rassemblent pour commémorer la mémoire des personnes décédées. La vidéo de la manifestation de l’année dernière, où des hommes effectuent des saluts fascistes, a fait le tour du monde.

Les liens entre l’Alleanza Nazionale et Fratelli d’Italia

Plusieurs responsables de Fratelli d’Italia sont membres du conseil d’administration d’Alleanza Nazionale, comme Arianna Meloni, la sœur de Giorgia Meloni, et Fabio Rampelli, vice-président de la Chambre des députés.

Les quotidiens Repubblica et Domani, à l’origine de l’enquête, ont demandé des explications au parti de Giorgia Meloni, décrivant Alleanza Nazionale comme « le véritable coffre-fort financier de Fratelli d’Italia ».

De son côté, la fondation nie tout lien financier avec le parti.

« La fondation Alleanza Nazionale est beaucoup plus ancienne que Fratelli d’Italia. Il n’y a aucune relation financière » entre les deux entités, soutient le président de la fondation, Giuseppe Valentino, ajoutant qu’« Arianna Meloni n’y occupe aucune fonction exécutive ».

Les partis d’opposition se sont emparés de la controverse, critiquant une fois de plus le parti de Giorgia Meloni pour ses liens avec l’extrême droite, qui avaient été révélés par l’enquête de Fanpage sur Gioventù Nazionale, le mouvement de jeunesse de Fratelli d’Italia.

Sandro Ruotolo, eurodéputé du Partito Démocratico (Socialistes et Démocrates européens), souligne que le projet de Giorgia Meloni de créer un grand parti conservateur n’est « pas crédible », car « des liens subsistent entre la dirigeante de Fratelli d’Italia et les groupes d’extrême droite liés à l’ère fasciste ».

« Nous attendons que la Première ministre rompe avec ce sombre passé, qu’elle se déclare antifasciste et qu’elle interdise les organisations qui invoquent le fascisme », a-t-il ajouté.

« Il est clair que la Première ministre Giorgia Meloni n’a pas l’intention de rompre ses liens avec l’extrême droite néofasciste, au point même de la financer », affirme pour sa part Angelo Bonelli, porte-parole du parti italien Europa Verde et député de l’Alliance des Verts et de la Gauche.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]