Une « taxe de crise » en Croatie contre le déficit budgétaire [FR]
La Croatie, candidate à l’adhésion à l’UE, a décidé d’une mesure très inhabituelle en introduisant une « taxe de crise » afin de garder à flot le budget du pays, qui connaît une situation difficile
La Croatie, candidate à l’adhésion à l’UE, a décidé d’une mesure très inhabituelle en introduisant une « taxe de crise » afin de garder à flot le budget du pays, qui connaît une situation difficile
La mesure, annoncée mercredi (22 juillet) par la nouvelle première ministre du pays Jadranka Kosor, a déclenché des réactions de colère lors de sa première visite officielle à Bruxelles le jour suivant.
Mme Kosor, qui est devenue la première femme croate première ministre après que son prédécesseur Ivo Sanader ait démissionné de manière inattendue au début du mois, a déclaré que la nouvelle taxe de crise et une TVA plus importante aideraient les finances croates à rester la tête hors de l’eau et éviteraient que l’Etat croule sous une montagne de dettes.
Le gouvernement projette d’introduire une nouvelle taxe dès le 1er août et estime qu’elle fournira 600 millions d’euros supplémentaires de revenus. La mesure se veut temporaire et le gouvernement espère la supprimer à la fin de 2010.
La taxe captera 3 % de toutes les pensions et des autres revenus supérieurs à 3 000 kunas ou 409 euros par mois. Le gouvernement prévoit également d’augmenter la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 22 à 23 %.
Mme Kosor a aussi expliqué qu’une nouvelle taxe sur les biens de luxe et les services de téléphonie mobile pourrait être introduite.
Le porte-parole de la Commission, Amadeu Altafaj-Tardio, a confirmé à EURACTIV que Mme Kosor avait brièvement informé le président de la Commission José Manuel Barroso à propos de la mesure envisagée, et il a déclaré que combattre la crise était la priorité principale de son gouvernement. Mais elle n’a pas donné de détails, a ajouté le porte-parole.
Selon le quotidien Croatian Times, les Croates sont furieux parce que le gouvernement de centre droit mené par l’Union démocratique croate (HDZ) avait promis, lors de sa campagne pour les élections parlementaires de 2007, qu’il n’y aurait pas de nouvelles taxes.
Le quotidien Javno a cité le dirigeant d’un syndicat pour qui cette mesure va réduire le revenu des fonctionnaires publics et étatiques de 16 %, ce qu’ils ne peuvent accepter.
Le dirigeant du Parti des retraités croates (HSU), un jeune partenaire de coalition avec le HDZ, a déclaré que si les pensions étaient réduites, il quitterait le gouvernement.
La proposition est une « taxe sur la mauvaise administration » puisqu’elle montre que le gouvernement n’a toujours pas de projet pour tirer le pays de la récession et qu’il s’occupe uniquement de rester au pouvoir, a déclaré le président du Parti social-démocrate d’opposition, Zoran Milanovi?, cité par l’agence de presse HINA.
Après avoir reçu Mme Kosor, M. Barroso a indiqué que l’UE avait abandonné ses tentatives de médiation dans le conflit transfrontalier avec la Slovénie, qui empêche l’adhésion de Zagreb à l’UE depuis plusieurs mois maintenant. De manière similaire, la Suède, qui occupe actuellement la présidence de l’UE, garde ses distances avec ce conflit, laissant les deux parties assumer la responsabilité de son dénouement (EURACTIV 23/06/09).
Nous pensons qu’après six mois d’efforts, il revient aux deux pays voisins de trouver une solution, a estimé M. Barroso. Mme Kosor a déclaré qu’elle prévoyait de rencontrer son homologue slovène Borut Pahor, mais elle a ajouté qu’elle ne pouvait pas indiquer de date pour le moment.